[ Energie et développement durable ]

Publi le vendredi 30 mai 2008

[ Vendredi 30 mai 2008 ]

Étiquetage OGM refusé

  
Étiquetage OGM refusé  ·Greenpeace s’indigne

 

Le projet de loi privé C-517 sur l’étiquetage obligatoire des OGM a finalement été rejeté hier par la Chambre des communes, au grand dam des groupes environnementaux canadiens.

En effet, le projet de loi C-517 aurait obligé les commerçants à informer les consommateurs de la présence dans les aliments vendus au Canada d’organismes génétiquement modifiés (OGM). Mais hier, la Chambre des communes a rejeté le projet, à 156 voix contre 101.

Selon Greenpeace, ces résultats confirment que 156 députés ont préféré les intérêts économiques de Monsanto, la multinationale des produits chimiques et des OGM, à ceux des consommateurs canadiens.

«Malgré la mobilisation de milliers de Canadiens, ceux-ci doivent maintenant s’attendre à ce que Mosanto continue à leur administrer des OGM dans leurs aliments sans qu’ils ne le sachent. Depuis des années, les sondages indiquent, qu’à travers tout le Canada et le Québec, de 80 à 95 % des citoyens veulent l’étiquetage obligatoire des OGM», a expliqué Éric Darier, responsable de la campagne Agriculture chez Greenpeace.

Une quarantaine de pays dans le monde ont déjà adopté l’étiquetage des OGM, dont l’Union européenne, la Chine et le Japon. Le Canada, quant à lui, rejoint plutôt les idées américaines. En effet, selon Greenpeace, il est le seul pays industrialisé, avec les États-Unis, à encore refuser l’étiquetage des OGM.

«Il est déplorable qu’une majorité de députés préfère protéger le marché des OGM de Monsanto en forçant de facto les consommateurs à en manger contre leur gré», a ajouté M. Darier.

Les OGM dangereux?

Selon Greenpeace, si les OGM ne sont pas étiquetés, c’est nécessairement parce qu’ils ont quelque chose à cacher. Ainsi, l’organisme dénonce que la quasi-totalité des études réalisées à ce jour ont été financées par des entreprises productrices d’OGM comme Monsanto. Éric Darier rappelle que ces études, en plus d’être confidentielles, n’ont jamais été vérifiées par des chercheurs indépendants. En 2001, la Société Royale du Canada l’aurait constaté dans un rapport.

«Si les OGM étaient si bons, il y aurait longtemps qu’ils auraient été étiquetés. En fait, il n’a jamais été prouvé que les OGM soient sécuritaires pour la santé ni pour l’environnement», a indiqué M. Darier.

«Il est clair qu’Ottawa ne va pas bouger sur l’étiquetage des OGM. Il appartient donc aux gouvernements provinciaux et à celui du Québec d’arrêter de tergiverser et d’agir rapidement en mettant en place l’étiquetage obligatoire des OGM tel que promis par Jean Charest en 2003», a conclu Éric Darier.

Greenpeace entend publier la liste des députés qui ont voté contre le projet de loi C-517 concernant l’étiquetage des OGM, de même que les élus ayant appuyé le projet.

Canoe.ca

[ publié par jeromet le 2008-05-30 07:21:01 ]

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[ Vendredi 30 mai 2008 ]

Lourdes pertes en espèces

L'érosion de la biodiversité coûte entre 2000 et 4700 milliards par an, selon une étude présentée à la conférence de Bonn
Bonn -- L'érosion de la diversité de la vie animale et végétale représente un coût évalué entre 1350 et 3100 milliards d'euros (entre 2000 et 4700 milliards de dollars) par an au monde, selon une étude présentée hier à la conférence de l'ONU sur la biodiversité à Bonn.

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L'étude, lancée par l'Union européenne et le ministère allemand de l'Environnement, constitue une des premières évaluations majeures de l'impact économique de la perte de la biodiversité dans le monde, à l'instar du rapport de sir Nicholas Stern sur le coût du changement climatique.

«Nous essayons de naviguer sur des eaux agitées et sans carte avec un vieux compas défectueux», a commenté le principal auteur de l'étude, Pavan Sukhdev, un haut responsable de la Deutsche Bank en Inde.

«Il est urgent d'entreprendre des actions de préservation, car les disparitions d'espèces et les dégâts aux écosystèmes sont étroitement liés au bien-être de l'homme», a souligné Pavan Sukhdev.

Intitulée The Economics of Ecosystems and Biodiversity (L'économie des systèmes écologiques et de la biodiversité), cette étude donne une valeur pécuniaire à des facteurs environnementaux tels que l'eau, la protection contre les inondations, les médecines naturelles et les puits de carbone que sont les forêts.

«Alors que notre bien-être est totalement dépendant des services rendus par ces écosystèmes, ils sont considérés comme des biens publics sans marché et sans prix», souligne le rapport.

Certains écosystèmes sont probablement déjà dégradés au-delà de toute possibilité de restauration, conclut Sukhdev. Et d'ici 2050, si rien n'est fait:

- 11 % des espaces naturels restant en 2000 pourraient avoir disparu, transformés pour l'agriculture ou par le dérèglement climatique;

- 40 % des terres actuellement cultivées de façon traditionnelle pourraient devenir des exploitations intensives;

- 60 % des récifs de coraux pourraient avoir disparu, affectant directement le mode de vie de milliards de personnes.

Comme pour le changement climatique, les conséquences de l'érosion de la biodiversité devraient toucher principalement les populations les plus pauvres, selon le rapport.

La valeur réelle de la biodiversité et des services rendus par les écosystèmes doit être intégrée dans les décisions politiques, souligne-t-il.

Environ 150 espèces de la flore et de la faune sauvage disparaissent chaque jour, un rythme qui est de 100 à 1000 fois supérieur à la disparition naturelle des espèces, selon les scientifiques.

Concernant la faune marine, ce dernier a mentionné des études selon lesquelles l'ensemble des réserves halieutiques pourraient avoir pratiquement disparu d'ici 2050 faute de mesures de protection.

Les conséquences d'un tel effondrement seraient désastreuses pour un milliard d'êtres humains, qui dépendent du poisson pour leur apport en protéines. Le secteur de la pêche subirait quant à lui des pertes de 80 à 100 milliards de dollars.

L'étude montre en revanche que l'affectation de 1 % du PIB mondial à la préservation des zones naturelles susciterait de notables améliorations de la qualité de l'air et de l'eau, protégerait la santé humaine et contribuerait à la lutte contre le réchauffement climatique.

Le Fonds mondial pour la nature WWF s'est réjoui dans un communiqué que la biodiversité soit ainsi reconnue comme un enjeu global à l'instar du climat dans le rapport Stern.

Sukhdev a seulement présenté la première partie de son rapport et doit entamer ses travaux sur la deuxième partie, qui sera davantage détaillée.


http://www.ledevoir.com/2008/05/30/191927.html

[ publié par jeromet le 2008-05-30 07:16:04 ]

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