Pétro et gaz québécois E&D
Au-delà des chiffres avec Léo-Paul Lauzon
Que votre joie surabonde : on vient de découvrir beaucoup de gaz naturel au Québec, et du pétrole. Partout au monde, l’annonce en aurait été faite par le premier ministre. Mais pas au Québec colonisé. Telle que parue dans La Presse du 3 avril 2008, l’annonce nous est parvenue du Colorado, aux États-Unis, depuis les bureaux de Forest Oil Corporation. On est la risée du monde entier. Au Brésil, la société d’État Petrobras vient de découvrir un immense gisement de pétrole, et c’est le président du pays, Lula, qui en a fait l’annonce, pas une firme étrangère.
Le Journal de Montréal du 29 juillet 2007, publiait que la société aéronautique brésilienne Embraer vient d’implanter deux usines au Portugal. C’est le président du Brésil qui a entériné l’entente. Au Canada, le gouvernement a privatisé, sans aucun droit de regard, Canadair en le vendant à Bombardier, qui n’avait aucune connaissance de l’aéronautique et pas d’argent. Le Brésil a aussi privatisé Embraer, mais le gouvernement a conservé une action en or (golden share) qui lui permet d’avoir le dernier mot sur toutes les décisions importantes pour le pays, les travailleurs et la population. Avoir suggéré ce modèle ici, on m’aurait crucifié pour cause d’hystérie.
Afin de privilégier quelques opportunistes, le gouvernement du Québec a démantelé Hydro-Québec gaz et pétrole, a dissous la Société québécoise d’initiatives pétrolières et a cédé «gratos» tous leurs droits d’exploration aux trois bineries québécoises inexpérimentées, insolvables et inopérantes Pétrolia, Gastem et Junex. En 2007, celles-ci n’avaient aucun revenu d’exploitation, avaient toutes subi des pertes et n’avaient pratiquement pas d’actifs. Je connais des cabanes à sucre plus grosses que ces trois «juniors».
N’ayant pas l’argent, les compétences et la technologie nécessaires, elles ont vite cédé des parts majoritaires de droits d’exploration au Québec à des firmes étrangères comme Forest Oil des States, Pilatus de Suisse et Corridor Resources, qui font de la prospection pour elles au Québec. Nos trois Québécoises n’ont même pas de «pépines» pour creuser un étang. Et comme lobbyiste, Junex a embauché l’ineffable André Caillé, ancien président d’Hydro-Québec. Toute cette histoire sans que les Québécois rouspètent, sans qu’aucun chroniqueur journalistique ne soulève la moindre critique et avec les applaudissements nourris de nos politiciens. On fait dur!
Léo-Paul Lauzon
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