Le premier ministre de l'Alberta, Ed Stelmach, s'est donné pour mission de redorer l'image des sables bitumineux, fierté de sa province. Selon lui, il s'agit là d'une production énergétique, non seulement moins dommageable pour l'environnement qu'on voudrait le croire, mais aussi des plus bénéfiques pour l'économie canadienne. Une vision que les écologistes ont décriée hier.
Un effort certain pour rassurer les Québécois à quelques semaines du dépôt d'un projet de transport de pétrole bitumineux jusqu'au Québec.
Une vision optimiste que ne partagent absolument pas les écologistes, qui voient les sables bitumineux comme une source d'énergie «extrêmement polluante». Le coordonnateur général d'Équiterre, Sidney Ribaux, a notamment expliqué hier que l'extraction de pétrole bitumineux produit cinq fois plus de gaz à effet de serre que les procédés traditionnels.
Cela a considérablement contribué à la progression des émissions canadiennes. Une situation qui ne peut que s'aggraver, a-t-il prévenu, parce qu'on prévoit tripler la production d'ici quelques années. M. Ribaux préconise plutôt le recours à l'énergie éolienne, à la géothermie ou à des mesures d'efficacité énergétique, autant de solutions qui créeraient, selon lui, autant d'emplois.
Un nouveau rapport, rendu public hier par des chercheurs de l'Université de Toronto, met aussi en garde contre les effets néfastes de l'exploitation des sables bitumineux sur les Grands Lacs. Dix-sept raffineries pourraient être construites autour de ces véritables mers intérieures, essentiellement du côté américain de la frontière. L'eau utilisée pour le traitement du pétrole bitumineux serait lourdement polluée, tout comme l'air de la région, de quoi annuler tous les effets des programmes de dépollution mis en place depuis les années 70, prédisent les auteurs.
http://www.ledevoir.com/2008/10/09/209849.htm l