[ Energie et développement durable ]

Publié le dimanche 12 octobre 2008

[ Dimanche 12 octobre 2008 ]

La déviance canadienne E&D

Louis-Gilles Francoeur

Le ministre canadien de l'Environnement, John Baird, soutient que le Canada a le meilleur plan de lutte contre les changements climatiques «au monde». Les écologistes soutiennent le contraire. Autopsie d'une fuite en avant.

Disons-le d'entrée de jeu: John Baird a raison, mais sur un point et un seul. Le Canada vise à implanter une norme qui sera clairement la plus sévère du monde s'il impose aux grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES) de capter leurs émissions de carbone et de les stocker dans l'écorce terrestre, avec en prime un cadeau de 240 millions de dollars en recherche et développement pour affiner la technologie aux frais des contribuables.

Effectivement, aucun autre pays dans le monde n'a encore imposé une telle obligation à ses entreprises et, en ce sens, aucun ne va aussi loin en imposant une solution pas encore éprouvée à l'échelle industrielle.

Ce que John Baird dit moins fort, c'est que sa stratégie renie toutes les exigences du protocole de Kyoto et situe le Canada à la queue des pays occidentaux dans la lutte contre les changements climatiques.

En effet, l'obligation de capter et de stocker les GES ne sera imposée qu'à des entreprises virtuelles, des entreprises qui n'existent pas, c'est-à-dire les entreprises qui entreront en activité après 2012. Pour éviter cette obligation, les exploitants des sables bitumineux, les producteurs d'électricité thermique, les raffineurs de métaux et les cimentiers vont tout faire pour démarrer leurs projets avant 2012. Le gouvernement Harper lance ainsi une course qui ne peut qu'améliorer son bilan économique... aux dépens de la planète. Mais ceux qui dépasseront l'échéance de 2012 ne vont pas s'empêcher de dormir pour autant, car l'obligation de capter et de stocker ses GES entrera en vigueur après 2018 seulement, soit dix ans après le début des réductions d'émissions prévues par le protocole de Kyoto.

En reportant dans la deuxième phase de Kyoto (2012-20) l'atteinte d'une partie des engagements de la première phase (2008-12), le Canada double ses infractions au protocole. En effet, non seulement il confirme qu'il ne respectera pas ses obligations actuelles, mais il en est de même aussi pour ses obligations futures, car le protocole ratifié oblige ses signataires à rattraper après 2012 le chemin qui n'aura pas été fait dans la première phase, avec pénalité, ce que ne prévoit pas non plus le plan fédéral chiffré, divulgué cette semaine.

Les documents fédéraux publiés cette semaine indiquent en effet que le Canada ramènera pour la première fois en 2020 ses émissions à 610 millions de tonnes (mégatonnes ou Mt). Ce niveau est supérieur à celui que le Canada devait avoir atteint dès l'an 2000, soit 599 M, qui est le niveau d'émissions de 1990. Mais le protocole exige davantage du Canada, soit de ramener ses émissions à une moyenne annuelle de 563 Mt entre 2008 et 2012, soit 6 % sous le niveau de 1990.

On mesure le degré de déviance du Canada quand on comprend que, de 2008 à 2012, le Canada rejettera en moyenne 200 millions de tonnes de GES en sus de ses engagements et que l'écart sera tout aussi important dans la période 2012-20. Dans cette future phase 2 de Kyoto, la communauté internationale tend vers un objectif de réduction de 20 % dans les pays développés par rapport à 1990. Le Canada, lui, parle d'une réduction de 20 %, mais par rapport à 2006, ce qui ferait disparaître sous le tapis une augmentation de ses émissions de 25 % depuis 1990.

Mais les 1160 Mt que le Canada rejettera cumulativement en trop durant la période 2008-12 pourraient lui coûter en pénalités plus de 35 milliards de dollars, au bas mot, si on estime la valeur de chaque tonne de carbone en trop à 30 $, soit à peu près le prix du marché aujourd'hui. Or il se pourrait bien que le prix soit beaucoup plus élevé en 2012 en raison d'une demande accrue et de la pénalité réglementaire du retard, très coûteuse.

Un pays en développement?

Le Canada a décidé, comme les États-Unis, de se comporter dans le dossier du climat comme un pays en voie de développement. Ces derniers vont vraisemblablement se voir accorder à Copenhague en 2010 le droit d'appliquer une politique de réduction de l'intensité de leurs émissions dans la période 2012-20 plutôt que des réductions absolues comme cela devrait être le cas dans les pays développés, responsables de la hausse actuelle du climat.

Le prétexte: les États-Unis et le Canada veulent être sur le même pied que leurs concurrents émergents, comme la Chine, l'Inde et le Brésil, de qui la communauté internationale va probablement exiger uniquement des réductions en intensité pour les autoriser à se développer.

Selon les documents divulgués cette semaine par le ministre Baird, le régime de réductions en intensité qui s'appliquera au parc industriel canadien actuel, soit les entreprises en activité avant 2004, s'appliquera jusqu'en 2020, selon le plan fédéral. En vertu de cette règle, les grands émetteurs canadiens actuels devront, à compter de 2010, réduire de 18 % l'intensité de leurs émissions. Cela veut dire qu'ils devront produire les mêmes biens et services avec 18 % moins de carbone. Après 2010, ce pourcentage de réduction augmentera de 2 % par année.

Les entreprises pourront ainsi hausser leur production à volonté si elles respectent les taux légaux d'intensité. Avec ce système, les émissions globales du Canada pourraient même augmenter sensiblement et déjouer les réductions modélisées par Ottawa d'ici 2020. En effet, entre 1990 et 2005, l'intensité des émissions canadiennes a été réduite de 17 %, ce qui a stimulé la production à la hausse ainsi que les émissions globales, qui ont augmenté de 25 %!

Or, quelles que soient les normes applicables aux futures entreprises, l'ampleur des émissions des entreprises actuelles ramène à un niveau marginal d'ici 2020 l'impact des réductions qu'Ottawa espère obtenir par le captage et le stockage des GES des entreprises qui n'existent pas encore.

Enfin, une autre règle s'appliquera aux entreprises qui auront commencé à produire entre 2004 et 2011: Ottawa leur iimposera des «normes d'émissions obligatoires plus rigoureuses», lit-on dans les documents de John Baird. En réalité, on les obligera à utiliser des combustibles moins riches en carbone, comme le gaz naturel au lieu du charbon ou du pétrole. Mais là aussi, les entreprises pourront hausser leur production à volonté.

Le fardeau pétrolier

Les sables bitumineux de l'Alberta sont responsables de plus de la moitié de la hausse des GES depuis 1990 au Canada.

Or Ottawa n'envisage pas encore de faire payer aux distributeurs états-uniens de ce pétrole le prix de l'effacement des GES attribuables à sa consommation dans les insatiables gros utilitaires de nos voisins. Ce sont les Canadiens qui vont payer la facture ou la refiler à la planète.

Selon les chiffres dévoilés par Ottawa cette semaine, la facture des GES en excédent entre 2008 et 2012 atteindra entre 30 et 70 milliards. Ce chiffre montre à quel point la rentabilité fiscale actuelle de cette production pétrolière s'effectue aux dépens de la planète, un passif qu'ignore le Canada.

Certes, il n'y aura pas de huissier international qui viendra saisir les fonds fédéraux au ministère des Finances ou l'or de la Banque du Canada si Ottawa refuse de payer cette facture pourtant exigible en droit international. Mais cette dette permettra de mesurer la valeur économique des dommages que le Canada imposera au climat planétaire, un dégât beaucoup plus important et un danger bien plus réel, constant et à long terme que les menaces nucléaires, pour l'instant théoriques, des pays dits de l'«axe du mal».

La politique des conservateurs risque aussi de provoquer un déséquilibre, voire un affrontement entre divers secteurs industriels, car les conservateurs vont passer l'éponge de deux manières sur les responsabilités de l'industrie pétrolière albertaine.

Ottawa adopte en effet l'année 2006 comme année de référence pour le calcul des maigres réductions qu'il planifie d'ici 2020. Cela signifie qu'il oublie le dépassement de 32 % des engagements de Kyoto entre 1990 et 2006 et qu'il remet à cette date le compteur à zéro, comme si ces émissions n'avaient pas existé. Quant aux entreprises qui ont volontairement commencé à réduire leurs émissions dans le passé, il prévoit reconnaître tout au plus 15 Mt pour l'ensemble du Canada, soit moins que ce que les entreprises ont effacé volontairement jusqu'à présent.

Les alumineries québécoises, par exemple, qui ont dépassé les exigences de Kyoto en réduisant de 20 % leurs émissions sous le niveau de 1990, se verraient néanmoins imposer l'obligation de réduire leurs émissions en intensité de 18 % d'ici 2010 et de 2 % par la suite, ce qui pourrait s'avérer technologiquement impossible parce que leurs réductions antérieures confineraient actuellement au seuil technologique. L'application des normes fédérales à ces entreprises ou aux sociétés manufacturières québécoises, qui globalement ont elles aussi dépassé les objectifs de Kyoto, acculerait tous ces acteurs industriels à des dépenses inéquitables car les émissions déjà réalisées sont les moins chères et que le prix de chaque tonne additionnelle va croissant.

En clair, le gouvernement Harper n'applique pas au secteur industriel de l'Ouest canadien les normes internationales, ni les règles que se sont données les entreprises de l'Est, en Ontario et au Québec, pour prendre de l'avance en bonnes entreprises citoyennes. Il entend plutôt les frapper en double en leur imposant une deuxième tranche de réductions, plus coûteuse que la première qu'il imposera aux exploitants des sables bitumineux ou aux producteurs thermiques d'électricité.

Tout cela parce que les conservateurs refusent l'idée toute simple d'un plafond d'émissions commun à toutes les entreprises, basé sur l'année de référence internationale, et la mise en place d'un marché de crédits d'émission, une invention non pas d'un vert enragé, mais du conservateur le plus éminent du continent, Ronald Reagan, qui avait concocté ce système pour contrôler avec succès et en conformité avec les règles d'une économie libérale les émissions acides de son pays.

Le Devoir

[ publié par jeromet le 2008-10-12 18:12:22 ]

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[ Dimanche 12 octobre 2008 ]

Harper l'Albertain E&D

Greenpeace accuse Harper de sabotage

Canoë Virginie Roy

Greenpeace accuse Stephen Harper, le premier ministre du Canada, de mener ouvertement une campagne de désinformation et de sabotage concernant le Protocole de Kyoto sur les changements climatiques.

En effet, lors du sommet du Commonwealth réunissant les 53 pays membres, Stephen Harper aurait qualifié le Protocole de Kyoto d’erreur que le monde ne doit jamais répéter. Il a ajouté que le document concernant l’Accord sur les changements climatiques présentait des failles. Il a finalement prévenu la communauté internationale que le Canada n’appuierait aucun nouveau traité comportant de telles lacunes.

Selon Greenpeace, cette déclaration véhicule de fausses informations pour discréditer les efforts de négociation à la veille de la Conférence de Bali sur les changements climatiques. «Le Canada ne fait visiblement pas preuve de leadership dans ce dossier et joue un jeu dangereux», affirme Arthur Sandborn, responsable de la campagne Énergie et climat de Greenpeace.

Il ajoute que les déclarations de M. Harper confirment que le gouvernement n’a pas l’intention d’entreprendre des efforts significatifs pour atteindre les objectifs du Protocole de Kyoto. Il rappelle que tous les experts mondiaux, comme le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), s’entendent pour dire qu’une action immédiate et ciblée doit être entreprise pour éviter des changements climatiques périlleux et irréversibles.

De fausses allégations

M. Harper aurait aussi affirmé que la principale erreur de Kyoto avait été d'imposer des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre à trois douzaines de pays, mais pas aux autres, parmi lesquels les plus grands pollueurs du monde, comme les États-Unis, la Chine et l'Inde.

Mais Greenpeace reste catégorique: Harper ment. Selon l’organisme, la Chine et l’Inde auraient ratifié le Protocole de Kyoto, contrairement à ce que M. Harper a affirmé. «Il faut comprendre qu’au moment de l’entente à la Convention de Rio, en 1992, le gouvernement conservateur de Mulroney et les autres gouvernements ont reconnu que le problème du réchauffement climatique n’était pas engendré par la Chine et l’Inde, mais que la responsabilité revenait aux pays industrialisés», explique Greenpeace.

Alors que l'Agence internationale de l'énergie a justement indiqué cette semaine que 60 % de la hausse mondiale des émissions de gaz à effet de serre viendrait de la Chine et de l'Inde, Greenpeace rappelle que les pays industrialisés restent tout de même responsables d’environ 80 % de l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère alors qu’ils ne représentent que 25 % de la population mondiale.

«Chaque Canadien produit en moyenne 20 tonnes de CO2 par an, comparativement à 3,84 tonnes pour la Chine et 1,2 tonne pour l’Inde», peut-on lire sur le site de Greenpeace.

Greenpeace reste tout de même positive. Selon lui, Stephen Harper ne pourra plus tenir cette position ferme aussi longtemps. «Le Canada vient de perdre un allié dans cette bataille avec le changement de gouvernement en Australie», ajoute M. Stanborn, faisant référence à la défaite dimanche du Parti libéral de John Howard, un antiKyoto. Ainsi, le seul allié restant pour M. Harper, selon Greenpeace, est George Bush, dont le règne se termine bientôt.

http://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2007/11/20071126-184004.html

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Harper, l'Albertain

Jean-Robert Sansfaçon

En faisant dérailler les discussions autour du communiqué final qui devait plaider pour l'établissement de cibles contraignantes de réduction des gaz à effet de serre (GES) pour les pays membres du Commonwealth, le premier ministre Stephen Harper fait le pari que la défense des intérêts de l'Alberta ne l'empêchera pas de battre les libéraux en Ontario et au Québec. La réalité lui donnera-t-elle raison?

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Trop chers, les changements climatiques

Prenant tout cela en considération, la Lloyd's considère qu'il faut agir maintenant. Plus on attendra, plus cela coûtera cher. Selon un rapport parrainé par le gouvernement du Royaume-Uni, on pourrait stabiliser les niveaux de gaz à effet de serre maintenant à un coût d'environ 1 % du PNB mondial, mais, si nous n'agissons pas maintenant, cela pourrait annihiler finalement 20 % du PNB mondial.

Le Devoir

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À Bonn, des groupes écologistes, dont Greenpeace, ont placé le Canada parmi les empêcheurs de tourner en rond non seulement en ce qui concerne les GES mais aussi pour les biocarburants, la biodiversité agricole et forestière, le partage des revenus des ressources naturelles et les droits des peuples autochtones.

D'après l'organisme CDBAlliance, qui regroupe des organismes de la société civile intéressés par la biodiversité, le seul domaine dans lequel le Canada joue un rôle de leader est celui des aires marines protégées.

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[ publié par jeromet le 2008-10-12 18:07:46 ]

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[ Dimanche 12 octobre 2008 ]

Canada dismisses Cdn Sc Adviser at its peril E&D

No science in the PM’s ear: Canada dismisses National Science Adviser at its peril

By Bob McDonald, host of the CBC science radio program Quirks & Quarks.

The one scientist in this country who had direct access to the Prime Minister is being dismissed. Canada’s National Science Adviser, Dr. Arthur Carty, was appointed by former Prime Minister Paul Martin to provide expert advice on the government’s role in matters of science and science policy. Now, less than four years after the position was created, the Harper government feels that it’s no longer necessary.

The National Science Adviser is a voice of reason to the government over actions it should take on issues such as climate change, genetically modified foods, managing fisheries, sustaining the environment - any time the politicians need to be educated on the basic science behind those often controversial issues. Of course, decisions are seldom made for purely scientific reasons; all too often, the interests of industry, special interest groups or a misinformed public will cloud the scientific truth. The Adviser’s job is to provide clarity and perspective.

Dr. Carty is extremely well qualified for this position. He was president of the National Research Council for 10 years and a prominent professor at Waterloo University for 27 years, among other accomplishments.

Eliminating the National Science Adviser is the latest in a string of events showing how our current government, at least at the top level, does not seem to be interested in the scientific perspective.

Soon after taking power, the Harper government moved the National Science Adviser position from the Privy Council Office down to Industry Canada, where Dr. Carty reports to the Minister there instead of directly to the PM. Following that, our Prime Minister embarrassed the country internationally by backing out of the Kyoto Accord and stonewalling the climate change discussions in Bali.

Science, in its purest form, seeks the truth. When a scientific paper is published, it’s not expressing an opinion, it’s showing the results of careful measurements, data gathering, hypothesizing, experimentation, validation by peer review, all in an effort to get the clearest picture of what’s happening in nature. Sure, debate is part of the process, so is skepticism, but that makes the science stronger. You cannot shoot down good science unless you have good alternative scientific evidence to back it up.

Politics, on the other hand, is affected profoundly by opinion. Politicians need to please everyone to gain votes. So, when a scientific study points out a serious problem such as climate change and a solution that requires a hard decision about reducing carbon emissions, the politician must consider the effect of that decision on jobs (votes), industry (financial support), and public opinion (votes).

At the same time, those who feel threatened by a scientific finding, such as polluting industries, will lobby the government with their own experts who try to dismiss or cast doubt on the original finding. Notice I said dismiss or cast doubt. Industry-hired guns seldom arrive on the scene with their own evidence from experiments they performed and published that counter the mainstream idea. Usually, they’ll say, "I don’t believe it," which is just an opinion, or they’ll look for small uncertainties in the data and focus on that to cast doubt on the results.

All science involves uncertainties - that’s the way the system works. But it takes a scientific eye to determine whether those uncertainties are significant or not. Without that perspective, a politician hears conflicting views or biased information that clouds the issue and confuses the public.

That’s where the National Science Adviser comes in. He or she is an independent, expert witness whose job is to provide perspective and education to the people at the top where the decisions are made.

Apparently, that’s no longer going to happen in Canada.

- Bob McDonald

[ publié par jeromet le 2008-10-12 18:03:09 ]

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