[ Energie et développement durable ]

Publié le mardi 28 octobre 2008

[ Mardi 28 octobre 2008 ]

Le pétrole de l'Ouest s'en vient au Québec E&D

Extrêmement polluant, le pétrole de l'Ouest s'en vient au Québec

François Cardinal

La Presse

Selon les informations obtenues par La Presse, Enbridge soumettra en novembre à l'Office national de l'énergie un projet visant à renverser, en 2010, le flot d'un pipeline qui relie Sarnia, en Ontario, et Montréal.Déjà, la réaction des écologistes est vive. Ils invitent les Québécois et leur gouvernement à s'opposer à la modification de cette canalisation, censée transporter chaque jour l'équivalent de 80 000 barils de pétrole bitumineux jusqu'aux raffineries de l'est de Montréal.

«Les Québécois doivent dire non haut et fort à ce pétrole, certainement le plus sale de la planète, s'insurge Matt Price, de l'organisme canadien Environmental Defence. À eux seuls, les sables bitumineux vont annuler tous les efforts de la province en matière climatique.»

Il s'agirait d'une première pour le Québec, selon plusieurs personnes consultées, dont Gina Jordan, d'Enbridge. «Tout au plus, de petites quantités de pétrole issues des sables bitumineux ont pu se faufiler dans le passé jusqu'au Québec», a confirmé Travis Davies, de l'Association canadienne des producteurs pétroliers.

Le Québec importe actuellement l'essentiel de son pétrole d'Algérie et de la mer du Nord, un pétrole dont la production est trois fois moins polluante que celui extrait des sables bitumineux d'Alberta.

Ces gisements goudronneux recèlent en effet une quantité considérable de pétrole - les plus importantes réserves au monde après celles d'Arabie Saoudite - , mais celui-ci n'est accessible qu'au prix d'énormes investissements et impacts environnementaux (destruction de la forêt boréale, grande consommation d'eau et de gaz naturel, rejets d'émissions polluantes, etc.)

«Le gouvernement du Québec devrait intervenir pour exclure les sources de pétrole fortement polluantes ou qui détruisent des écosystèmes boréaux, estime Karel Mayrand, directeur pour le Québec de la Fondation David Suzuki. La Californie et le gouvernement américain ont déjà exclu les sables bitumineux. Le Québec pourrait en faire autant.»

Appelé Trailbreaker, le projet d'Enbridge est composé de trois éléments, dont le principal consiste à renverser le courant de la canalisation 9 entre l'Ontario et le Québec. Au coût de 100 millions de dollars, cette modification permettrait de transporter du pétrole brut de Fort McMurray jusqu'à Sarnia, puis Montréal. Une certaine quantité poursuivrait ensuite son chemin au sud de la frontière.

«Nous estimons qu'il existe un besoin pour notre produit dans l'est de l'Amérique du Nord, en Ontario, au Québec, dans les Maritimes et dans le nord-est des États-Unis», a expliqué Curt Boechler, porte-parole d'Enbridge.

Les experts consultés estiment que l'entreprise albertaine n'aura aucune difficulté à faire autoriser son projet, car il s'agit en quelque sorte d'un retour à la case départ. L'Office national de l'énergie avait en effet approuvé en 1999 le renversement du pipeline 9 qui, déjà à ce moment-là, coulait de Sarnia vers Montréal.

Avant d'officialiser sa demande dans deux mois, Enbridge tiendra sept journées portes ouvertes destinées aux communautés traversées par le pipeline 9. L'une d'entre elles aura lieu au Québec, plus spécifiquement à Lachenaie, le 24 septembre prochain.

Diversification

Ayant une capacité de transporter l'équivalent de 240 000 barils de pétrole brut par jour, la conduite 9 servira, une fois renversée, à répondre à la demande américaine ainsi qu'à la demande des raffineries montréalaises de Shell, d'Esso et de Petro-Canada.

Est-ce une nécessité? Les pétrolières répondent oui, le Bloc québécois et les écologistes non.

«C'est toujours un avantage pour une raffinerie de diversifier ses sources de pétrole brut, a indiqué Annie Bissonnette, de Shell Canada. Cela nous permet d'être moins dépendants.»

«La stratégie énergétique du Québec doit d'abord être fondée sur une réduction de notre dépendance au pétrole et non pas viser un accroissement de l'approvisionnement», rétorque plutôt le critique en matière d'environnement au Bloc, Bernard Bigras.

Le cabinet de la ministre de l'Environnement, Line Beauchamp, a quant à lui refusé de commenter, en raison du caractère non officiel du projet.

Selon nos sources, l'équivalent de 80 000 barils de pétrole devrait s'arrêter chaque jour à Montréal pour être raffiné, ce qui n'a pu être confirmé. Le reste franchirait la frontière américaine, s'arrêterait dans le Maine pour ensuite continuer son chemin vers le Texas, destination finale.

Le projet Trailbreaker, évalué au total à 346 millions, est en quelque sorte une étape de transition en attendant le lancement d'un projet beaucoup plus ambitieux, appelé Texas Access. Évalué à quelque 2,6 milliards, ce projet vise à transporter du pétrole issu des gisements bitumineux jusqu'au Texas, à compter de 2014.

[ publié par jeromet le 2008-10-28 17:57:05 ]

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[ Mardi 28 octobre 2008 ]

L’économie verte E&D

par Steven Guilbeault

L’économie verte

Dans l’édition de Le Devoir du 4 octobre 2008, la chroniqueuse politique Chantal Hébert, affirmait que l’absence de plan sérieux pour faire face à la crise économique appréhendée pourrait coûter à Stephen Harper un gouvernement majoritaire à l’issue des élections du 14 octobre dernier!

Ce qu’elle ne dit pas cependant, c’est probablement que Stephen Harper, compte tenu de sa vision du monde, n’est guère capable d’élaborer un plan économique digne de ce nom, un plan qui s’appuie sur les « secteurs porteurs » de l’économie.

Évidemment je dois définir quels sont ces « secteurs porteurs ».

Une étude rendue publique le 3 octobre dernier à l’occasion de la conférence des maires des villes américaines conclut que l’économie américaine pourrait générer jusqu’à 4,2 millions d’emplois verts d’ici 2038, soit 10% de tous les emplois qu’on prévoit y créer au cours de cette période. Ces projections reposent sur les hypothèses suivantes :

1. 40% de la production d’électricité de source verte;

2. 30% de l’essence destinée aux automobiles et camions légers produite de sources alternatives (les biocarburants mais pas d’éthanol à partir du maïs)

3. 35% de l’électricité consommée par les bâtiments obtenue par l’efficacité énergétique.

Presqu’au même moment, paraissait une seconde étude menée celle-là par le NRDC (National Resources Defence Council) en alliance avec une brochette de syndicats et de groupes environnementaux. L’étude donne 2 millions d’emplois crées avec un investissement de 100 milliards $, soit une somme équivalente à celle consentie dernièrement par le gouvernemental Bush sous forme de baisses d’impôts. Le point saillant, cependant, en est que cette somme utilisée à la création d’emplois dans le domaine de l’énergie verte créerait :

1. quatre fois plus d’emplois que si investie dans l’exploration et la production de pétrole.

2. 300 000 emplois de plus que si cet argent était alloué à la stimulation de la consommation des ménages.

Finalement, Nicolas Bérubé du quotidien La Presse rapporte que des études menées à l’Université Stanford concluent que « la Californie … [a] vu son économie croître plus vite que celle des États-Unis au cours des 30 dernières années, mais cette croissance s'est réalisée au moment où l'État adoptait massivement des technologies vertes et des lois environnementales strictes. »

Impressionnant.

 

 

http://www.hebdorivenord.com/article-260724-Leconomie-verte.html

[ publié par jeromet le 2008-10-28 17:54:54 ]

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