[ Energie et développement durable ]

Publié le mardi 6 janvier 2009

[ Mardi 6 janvier 2009 ]

6 Janv Revue de Presse E&D

Gazprom, a réduit des deux tiers les livraisons de gaz naturel à l'Europe

Les livraisons de gaz russe aux Balkans par l'Ukraine ont cessé

mardi 6 jan, 06 h 46

 

 

KYIV, Ukraine - La Turquie, la Roumanie, la Grèce et d'autres pays des Balkans ont annoncé mardi qu'ils ne recevaient plus le gaz russe qui transite normalement par l'Ukraine, dans un nouvel épisode de la crise énergétique qui menace l'Europe en pleine période hivernale.

Selon la compagnie gazière ukrainienne Naftogaz, le géant russe Gazprom, au total, a réduit des deux tiers les livraisons de gaz naturel à l'Europe.

L'Union européenne a qualifié cet arrêt soudain des livraisons de gaz russe à certains Etats-membres de "complètement inacceptable".

Les 27 pays-membres ont demandé la reprise des livraisons de gaz à ces pays, ainsi qu'une relance immédiate des discussions pour trouver une accord définitif sur ce problème.

http://qc.news.yahoo.com/s/capress/090106/fin ance/ukraine_russie_gaz_ue

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La réunion moscovite du FPEG

pourrait "provoquer des tensions géopolitiques autour de l'Azerbaïdjan [non membre du FPEG]", s'inquiète de son côté le quotidien azerbaïdjanais Echo. L'Union européenne, qui cherche, sans grand succès, à diversifier ses approvisionnements en gaz, va probablement s'activer davantage pour séduire Bakou, qui non seulement exporte du gaz issu de la mer Caspienne, mais constitue en outre la seule voie d'exportation d'hydrocarbures d'Asie centrale vers l'Occident. Or Gazprom est semble-t-il prêt à riposter : selon Echo, le géant gazier a proposé à l'Azerbaïdjan de lui acheter tout son gaz destiné à l'exportation. Pour l'expert azéri Ilham Chaban, "Gazprom tente ainsi de stopper la chute du prix du gaz en Europe [consécutive à la baisse du prix du pétrole], car il risque de perdre près de 20 milliards de dollars de bénéfices en 2009".

Alda Engoian

http://www.courrierinternational.com/article. asp?prec=0&suiv=4774&page=2&obj_id=92949

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Le cartel du gaz - Fiévreux Poutine

Serge Truffaut

En une semaine et une seule, le premier ministre Vladimir Poutine a ravalé la fonction du président Dmitri Medvedev au rôle de figurant, muet faut-il préciser. Entre l'amendement constitutionnel qui ouvre la voie à sa réinstallation au Kremlin et l'OPEP du gaz, Poutine s'est appliqué avec méticulosité à étendre son pouvoir sans se soucier du qu'en-dira-t-on.

Toujours est-il que le maître absolu de la Russie a orchestré la création de ce cartel afin d'augmenter non seulement la facture des clients, mais également pour en user comme d'un outil politique majeur à l'endroit des nations européennes et de l'Allemagne en particulier. Peut-être faut-il souligner que 42 % du gaz provenant de la Russie est consommé par les membres de l'Union européenne. Dans certains pays, on pense encore à l'Allemagne mais également à la Pologne, en fait à tous les anciens satellites de l'Union soviétique, cette proportion est plus élevée.

Pis, d'après le plan développé par Poutine, il est prévu que ce cartel du gaz présentera une énorme différence avec l'OPEP. De quoi s'agit-il? Entre l'extraction du gaz et sa distribution, Poutine n'entend pas qu'il y ait d'intermédiaire. Autrement dit, par Gazprom interposé, le Kremlin veut imposer sa loi d'un bout à l'autre de la chaîne. Après quoi il pourra agir à sa guise. Et comme l'homme est un condensé de nationalisme, il y a fort à parier qu'il n'hésitera pas une seconde à agacer ses voisins européens lorsque ces derniers rechigneront à plier sur tel ou tel dossier.

Au cours de l'avant-dernière semaine, et seulement de celle-ci, on insiste, la Banque centrale de Russie a commandé trois dévaluations du rouble qui faisaient suite à une série de cinq -- cinq! -- dévaluations depuis la mi-novembre. Au train où il en va en matière monétaire, il est possible que le rouble perde 70 % de sa valeur d'ici la fin du premier trimestre. On se souviendra qu'en 1998, la chute du rouble s'était naturellement traduite par une crise financière qui avait effrayé jusqu'à la City de Londres et Wall Street.

http://www.ledevoir.com/2008/12/29/225100.htm l

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Russian parliament ratifies Caspian gas pipeline agreement

Russia's lower house of parliament ratified an agreement on Friday with Kazakhstan and Turkmenistan on building a natural gas pipeline along the Caspian coast that is likely to weaken a Western-backed rival project.

http://www.hurriyet.com.tr/english/finance/10 611320.asp

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Mondialisation

Pour transformer des langoustines écossaises en scampi écossais, il faut compter neuf semaines et 12 000 miles de voyage. La société Young’s compte faire décortiquer le produit de sa pêche en Thaïlande. Avant de retourner à la case départ, les langoustines congelées seront épluchées à la main par des ouvriers payés 25 pence de l’heure – soit 24 fois moins qu’un travailleur écossais. Bilan : 120 pertes d’emploi en Grande-Bretagne et 300 tonnes d’émission de CO2 par an. Encore un peu de scampi ?

The Herald

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En 2008

Les pertes financières liées aux catastrophes naturelles assurées ont augmenté de 50%

http://argent.canoe.com/lca/infos/internation al/archives/2008/12/20081229-135249.html

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DES MILLIONS DE TONNES DE CANNE À SUCRE GASPILLÉES AU BRÉSIL

Près de 30 millions de tonnes de canne à sucre n'ont pas été récoltées dans six États du Brésil en raison de la chute des prix et de la demande. Ce chiffre correspond à plus de 6 pour cent de la production du pays qui totalise près de 470 millions de tonnes. Selon le ministre de l'Agriculture de l'État de Sao Paulo, Joao de Almeida Sampaio, les usines de transformation de la canne, affectées par la crise financière internationale, n'ont pu effectuer leurs paiements à temps, surprises par une situation de prix bas du sucre et de l'éthanol sur les marchés internationaux. L'État de Sao Paulo est le premier producteur brésilien de sucre et fournit 60 % de l'éthanol du pays.

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HYDRO-QUÉBEC NÉGOCIE AVEC LA NOUVELLE-ANGLETERRE

Hydro-Québec, un important distributeur et producteur d'électricité en Amérique du Nord, négocierait des contrats à long terme d'exportation avec la Nouvelle-Angleterre, aux États-Unis. Si le contrat se concrétise, la nouvelle ligne de transmission permettrait à la société d'État québécoise, d'augmenter de plus de 50 pour cent, ses exportations actuelles vers la Nouvelle-Angleterre. Selon le quotidien torontois, Globe and Mail, en exportant massivement vers les États-Unis dès 2014, le Québec privilégierait ses clients américains au détriment de l'Ontario. Les revenus d'exportation encaissés par Hydro-Québec, au cours des 10 premiers mois de 2008, s'élevaient 1,3 milliard dollars canadiens, dont 750 millions, provenaient du seul marché de la Nouvelle-Angleterre.RCI

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EXPLOSION SUR UN GAZODUC DANS L'OUEST CANADIEN

Un gazoduc de la compagnie EnCana a été endommagé par une explosion le week-end dernier. Depuis le mois d'octobre, deux autres incidents similaires ont ciblé des conduites de transport de gaz de la même compagnie, en Colombie-Britannique RCI

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ENTENTE AU NIGER SUR L'EXPLOITATION DES MINES D'URANIUM

Le groupe français Areva obtient des autorités nigériennes l'autorisation d'exploiter le gisement minier d'uranium de d'Imouraren, dans la région d'Agadez. L'accord prévoit une répartition capitalistique de 66 % pour Areva et de 34 % pour l'État nigérien dans la société qui va être créée en vue de l'exploitation de ce gisement. La mine d'uranium devrait produire 5000 tonnes d'uranium par an, pendant 35 ans. Selon les experts d'Areva, Imouraren est le gisement le plus important d'Afrique et le deuxième du monde. La société française Areva oeuvre déjà depuis un demi-siècle au Niger.

 

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TransCanada se joint à TransAlta pour le captage et l'entreposage de CO2

 

 

CALGARY — TransCanada (TSX:TRP) a annoncé jeudi s'être joint à TransAlta (TSX:TA) pour réaliser ce que les deux entreprises affirment être le premier projet complètement intégré de captage et d'entreposage de dioxyde de carbone au Canada.

Le projet, dont la mise en marche dépend de l'obtention par TransAlta de subventions gouvernementales, a pour objectif de capter un million de tonnes de CO2 d'une centrale thermique alimentée au charbon du secteur de Wabamun, à l'ouest d'Edmonton.

Une partie du CO2 serait injectée dans un "site géologique d'entreposage permanent".

TransAlta a soumis des propositions détaillées aux gouvernements fédéral et albertain, et espère obtenir des garanties de financement en 2009. Cela permettrait d'amorcer les travaux de construction en 2010 et de démarrer les opérations en 2012.

En attendant, le travail préliminaire d'ingénierie et de design est en marche et TransAlta recrute des partenaires d'affaires.

Presse canadienne

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Le fleuve Saint-Laurent a été aux prises avec une marée rouge cet été. En effet, des algues rouges présentes en très grande quantité ont été observées de l’Île-Verte à Rimouski. Une marée toxique qui a laissé derrière elle des cadavres de plusieurs centaines d’oiseaux et de poissons.

Les mammifères marins n’ont pas été épargnés puisque des phoques, des marsouins de même que plusieurs bélugas ont été retrouvés morts. Dans notre région, cinq bélugas sont morts.

http://www.infodimanche.com/index.asp?s=detai l_actualite&id=129412

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[ publié par jeromet le 2009-01-06 12:50:48 ]

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[ Mardi 6 janvier 2009 ]

Les additifs alimentaires phosphatés favorisent le cancer du poumon E&D

Dans les années 1990, les additifs alimentaires contribuaient en moyenne à l'absorption de 470 milligrammes de phosphates par jour chez les adultes, mais cette quantité est passée à 1.000 milligrammes par jour

CHICAGO (AFP) — Les additifs alimentaires phosphatés, couramment utilisés dans les plats préparés industriels, accélèrent la croissance de tumeurs cancéreuses du poumon chez les souris, selon une étude publiée lundi dans l'American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine.

L'étude suggère que les additifs phosphatés, qui augmentent la rétention d'eau et améliorent la texture des aliments, favorisent aussi le développement du cancer du poumon chez les humains qui présentent une prédisposition à cette maladie.

Bien que les chercheurs ne sachent pas encore bien quel est l'impact des phosphates sur le développement des cancers chez les humains, les auteurs de l'étude péconisent de limiter la consommation de cet additif alimentaire.

"Notre étude indique qu'une consommation accrue de phosphates inorganiques stimule fortement le développement du cancer du poumon chez les souris, et suggère que la régulation des phosphates inorganiques dans le régime alimentaire (chez les humains) pourrait être crucial aussi bien dans le traitement que dans la prévention du cancer du poumon", écrit son auteur, Myong-Haing Cho, de l'université nationale de Séoul, en Corée du Sud.

Son équipe a injecté des cellules cancéreuse du poumon à des souris réparties en deux groupes, et la masse des tumeurs s'est avérée beaucoup plus importante dans le groupe ayant reçu le régime alimentaire le plus riche en phosphates.

Les phosphates sont des nutriments qui jouent un rôle primordial dans le métabolisme cellulaire et les mécanismes de transfert d'énergie, mais ils peuvent aussi activer des signaux génétiques qui stimulent le développement des cellules cancéreuses du poumon, selon l'étude.

"Le cancer du poumon est une maladie due à la prolifération incontrôlée des cellules dans les tissus pulmonaires et à des perturbations des signaux dans ces tissus qui peuvent ajouter des propriétés cancéreuses à des cellules normales", écrit Myong-Haing Cho.

"Cette étude montre qu'une importante consommation de phosphates inorganiques peut fortement stimuler le développement du cancer du poumon en altérant la trajectoire de ces signaux".

Le cancer du poumon est la forme de cancer la plus meurtrière dans le monde.

Les signaux génétiques stimulés par les phosphates sont associés à 90% des cancers du poumon de la forme la plus répandue, dite "non à petites cellules", qui représente 75% de l'ensemble des cancers du poumon.

Une consommation importante de phosphates pourrait aussi être un facteur déterminant dans le vieillissement des cellules.

Or, l'utilisation d'additifs phosphatés dans l'alimentation a régulièrement augmenté ces dernières années, et l'on en trouve dans la viande, les fromages, les boissons ou les plats cuisinés industriels.

Dans les années 1990, les additifs alimentaires contribuaient en moyenne à l'absorption de 470 milligrammes de phosphates par jour chez les adultes, mais cette quantité est passée à 1.000 milligrammes par jour en moyenne actuellement, selon Myung-Haing Cho.

L'étude aide à comprendre comment la génétique et l'environnement se combinent dans le développement des cancers chez l'homme, souligne John Heffner, ancien président de l'American Thoracy Society.

"Nous savons qu'une partie seulement des fumeurs développent un cancer du poumon, mais les raisons de la variation des risques sont inconnues", relève-t-il dans un communiqué.

"Cette étude fournit une base rationnelle pour financer des études de cas chez les humains afin de déterminer le rôle potentiel des phosphates alimentaires dans le développement du cancer", selon lui.

[ publié par jeromet le 2009-01-06 09:40:04 ]

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[ Mardi 6 janvier 2009 ]

Gaz russe : coulera, coulera pas ? E&D

par Piotr Moszynski

Une nouvelle fois, l’Europe risque de pâtir du conflit sur les prix du gaz russe livré à l’Ukraine. En toile de fond, les problèmes internes dans les deux pays, les pressions politiques de Moscou sur Kiev, les intérêts des clans oligarchiques et les relations bilatérales russo-ukrainiennes très compliquées.

 

« Je te tiens, tu me tiens par la barbichette » - c’est cet air bien connu que doivent sans doute fredonner les responsables russes et ukrainiens à chaque fois qu’ils se rencontrent pour parler de prix du gaz. En apparence, leurs discussions ne sont que de simples négociations commerciales. Le vendeur veut obtenir un prix élevé et avoir des garanties d’être payé à la date prévue. L’acheteur fait tout pour réduire le prix et pour bénéficier de délais de paiement supplémentaires quand il est en difficulté. Rien de plus normal.

Et pourtant, le contexte de ces relations commerciales précises n’est pas aussi simple et normal que cela.

Relations bilatérales

 

 

D’abord, le contexte politique bilatéral. Selon un expert ukrainien en questions énergétiques, Mikhaïlo Khontschar, « le conflit gazier n’est pas une querelle entre deux entreprises – c’est un combat pour l’influence en Ukraine ». En effet, la Russie a beaucoup de raisons historiques de vouloir garder un droit de regard sur les affaires ukrainiennes. Pour le préserver, elle dispose de puissants leviers. La moitié orientale du pays, beaucoup plus industrialisée que l’ouest de l’Ukraine, est clairement russophile et russophone. Les réseaux d’influence datant de l’époque soviétique y restent pratiquement intacts et sont faciles à entretenir. Un des plus grands partis politiques ukrainiens – le Parti des régions de Viktor Ianoukovitch – est bien enraciné dans ces territoires et participe pleinement au jeu de pouvoir à Kiev. La flotte russe de la mer Noire dispose d’une importante base militaire à Sébastopol en Crimée. Sa location vient à son terme en principe en 2017, mais le Kremlin fait déjà pression pour préparer le renouvellement du contrat. Et puis, l’Ukraine est totalement dépendante de la Russie pour les livraisons du gaz. Même celui qu’elle achète aux pays de l’Asie centrale est livré par l’intermédiaire d’une société dont le géant russe Gazprom est copropriétaire.

Cette situation, en théorie très favorable à une forte emprise de Moscou sur l’Ukraine, s’est singulièrement compliquée avec la victoire de la « révolution orange », menée par les pro-occidentaux, avec à sa tête Ioulia Timochenko et Viktor Iouchtchenko (à présent, respectivement Premier ministre et président de la République). Depuis, la Russie n’hésite pas à utiliser l’arme énergétique afin de dissuader l’Ukraine de s’approcher trop de l’Occident. Moscou l’a déjà fait il y a trois ans, et cette fois les signaux politiques qui accompagnent la hausse du prix du gaz russe vont dans le même sens. Un haut responsable du Conseil de la fédération (chambre haute du Parlement russe), Vadim Goustov, vient de déclarer tout à fait ouvertement que, pour négocier le prix du gaz pour 2009, l’Ukraine doit dire clairement si elle ambitionne de devenir membre de l’Otan ou si elle préfère rester un partenaire de la Russie.

Situation économique interne

Ensuite, le contexte économique interne dans les deux pays, en partie lié à la crise financière et économique mondiale. La Russie souffre d’une baisse drastique des prix de matières premières énergétiques dont l’exportation constitue le pilier de son économie. Elle n’est donc à présent pas trop disposée à accorder des rabais là où elle n’est pas obligée de le faire. L’Ukraine, elle, souffre d’une forte hausse de l’inflation et d’une non moins forte baisse de son PIB. Elle n’est donc pas du tout disposée à payer plus si elle n’y est pas vraiment contrainte et forcée. Ce qui complique encore plus sa situation, c’est une grave crise politique interne qui déchire depuis des mois le camp « orange ». Elle vient se greffer sur la crise économique et facilite largement la tâche aux Russes quand ils veulent exercer des pressions sur leurs voisins ukrainiens.

La bataille politique au sommet du pouvoir fait que même les observateurs avertis éprouvent des difficultés à déterminer quelle fraction maîtrise de facto le secteur énergétique. Il ne faut pas oublier que Ioulia Timochenko est liée très étroitement à ce secteur et depuis longtemps. Avant d’arriver au pouvoir politique, elle dirigeait, avec son mari, une corporation « Systèmes énergétiques ukrainiens uniques » (ESU). La famille Timochenko est l’un des plus importants clans oligarchiques en Ukraine. Sa fortune provient du commerce de matières premières énergétiques, mené grâce aux liaisons politiques, entre autres avec un ancien Premier ministre, Pavlo Lazarenko. Ioulia Timochenko a même été accusée de lui avoir versé un pot de vin de 79 millions de dollars. Un spécialiste polonais en la matière, Jozef Darski, a fait ce triste constat pour résumer la situation : « Dans un Etat postcommuniste gouverné exclusivement par les clans oligarchiques, où tout le monde se sert dans les caisses publiques, établir le degré de véracité des reproches faits à l’un de ces clans est une affaire dépourvue de tout intérêt et de toute importance ». Néanmoins, il s’agit d’un facteur qui fragilise l’Ukraine encore plus face aux pressions extérieures.

Le contexte international

Enfin, le contexte international. Dans ce domaine, l’un des problèmes les plus épineux est l’entrée de la Russie et de l’Ukraine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les Etats-Unis et l’Union européenne ont pris la décision politique de soutenir l’adhésion de l’Ukraine avant celle de la Russie. Or il est fort probable que l’Ukraine, une fois membre de l’OMC, n’hésiterait pas à opposer son veto à l’entrée de la Russie si celle-ci continuait à lui être hostile, notamment sur le plan énergétique. Il n’est donc pas étonnant que le Kremlin essaie – notamment par l’intermédiaire de Gazprom – de créer des situations où il est possible de présenter Kiev comme une capitale irresponsable politiquement et peu fiable sur le plan commercial, afin de compromettre la candidature ukrainienne à l’OMC. Sans oublier de souligner que l’économie ukrainienne est beaucoup plus faible et moins stable que celle de la Russie.

On voit bien que l’Ukraine est dans une posture difficile dans son bras de fer avec la Russie, mais elle n’est pas complètement désarmée. Elle a des arguments de poids même dans le domaine purement énergétique. En effet, les relations entre les deux pays dans ce secteur constituent un exemple classique d’une forte interdépendance. Il est vrai que l’Ukraine a besoin d’acheter du gaz russe, mais il est aussi vrai que la Russie a besoin de le vendre. Non seulement pour des raisons financières et commerciales. Les raisons techniques comptent aussi. Selon Mikhaïlo Khontchar, la réduction des livraisons à l’Ukraine provoque déjà une surcharge du système de distribution de Gazprom, ce qui risque de mener aux pannes dans ses gazoducs. En outre, une suspension de l’exploitation des sites gaziers en hiver peut endommager les installations d’extraction. Gazprom est donc obligé de vendre pour continuer à les exploiter, car ses capacités de stockage sont limitées.

En revanche, l’Ukraine, forte de la leçon qu’elle a reçue des Russes en 2006, s’est dotée de sites de stockage très performants. Le système est composé de 13 réservoirs souterrains capables d’accueillir plus de 32 milliards de mètres cubes de gaz. La société Naftogaz à elle seule affirme posséder 17 milliards de mètres cubes de gaz stockés dans les sous-sols en Ukraine. Avec une consommation moyenne quotidienne de 225 millions de mètres cube, le pays peut tenir jusqu’à la mi-mars, donc pratiquement jusqu’à la fin de l’hiver. Une partie du jeu consiste ainsi à suggérer discrètement à Gazprom : « Eh bien, coupez-nous le gaz si vous y tenez vraiment, mais c’est vous qui y perdrez le plus ».

L’UE ne veut pas s’en mêler

Pour l’instant, le partenaire de l’Ukraine et de la Russie le plus directement intéressé par le dénouement du conflit – l’Union européenne – déclare officiellement qu’il s’agit d’un problème bilatéral. L’Union préfère visiblement ne pas trop s’en mêler, en espérant peut-être que les exigences de l’interdépendance entre les deux parties amèneront une solution raisonnable. En outre, les contrats gaziers qu’elles ont signées ne sont pas vraiment transparents – l’UE aurait donc quelques difficultés à juger qui a raison sur le plan juridique – et il est très difficile d’établir qui, au juste, est responsable des baisses de pression dans les gazoducs qui approvisionnent plusieurs pays de l’Union, comme la Pologne, la Roumanie ou la Bulgarie.

http://www.rfi.fr/actufr/articles/109/article _76930.asp

[ publié par jeromet le 2009-01-06 09:35:58 ]

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