[ Energie et développement durable ]

Publié le jeudi 19 février 2009

[ Jeudi 19 février 2009 ]

Obama à Ottawa - L'hydroélectricité à l'ordre du jour EE&D

Antoine Robitaille

 

Québec compte sur Harper pour promouvoir l'énergie hydroélectrique auprès du président américain

Québec -- Jean Charest compte sur Stephen Harper pour promouvoir l'hydroélectricité auprès de Barack Obama, lors de leur rencontre d'aujourd'hui à Ottawa. Québec se désole que l'hydroélectricité ne soit pas considérée comme une énergie «renouvelable» par le gouvernement fédéral aux États-Unis en raison d'antiques décisions du département d'État.

«Les lois américaines ne reconnaissent pas la "grande hydraulique" comme étant une énergie renouvelable

Abordant la question «du plafonnement et de l'échange des crédits pour les réductions de gaz à effet de serre», qui serait selon lui à l'avantage de l'économie du Québec, M. Charest a lancé: «On attend des signaux de M. Obama là-dessus aussi.»

Jeudi dernier, le ministre des Relations internationales, Pierre Arcand, s'est rendu à Ottawa où il a rencontré Lawrence Cannon et Stockwell Day. M. Day, ministre fédéral du Commerce international, aurait assuré M. Arcand que le premier ministre du Canada discuterait de la question énergétique avec M. Obama.

L'appel de samedi de M. Charest à M. Harper visait à réitérer cette demande au plus haut niveau, a indiqué M. Arcand.

Le ministre québécois des Relations internationales est depuis mardi en mission aux États-Unis, entre autres pour faire valoir les intérêts québécois en matière d'hydroélectricité.

Joint hier après-midi à New York par Le Devoir, M. Arcand s'est montré confiant que la position américaine sur l'hydroélectricité pourrait évoluer à moyen terme. «Elle ne sera pas résolue demain, mais il faut à chaque occasion frapper sur ce clou.» M. Charest dit l'avoir fait sans relâche depuis cinq ans.

Pierre Arcand explique que cette vision anti-hydro a été «élaborée par le département d'État et réitérée à quelques reprises». Elle a été développée principalement en réaction à l'édification de certains barrages en Chine qui avaient été construits sans aucune étude d'impact sur l'environnement. De même, la lutte de certains écologistes américains contre les projets hydroélectriques québécois, au début des années 1990, a aussi contribué à nuire à la perception de l'hydroélectricité, considérée comme un massacreur de paysage.

Il ne faut toutefois pas oublier, a insisté le ministre, les nombreux lobbys qui font pression pour exclure l'hydroélectricité: celui du charbon, qui promeut son «clean coal» -- «une expression qui me fait bien rire!», ajoute Pierre Arcand au passage --, mais aussi celui, plus récent, des éoliennes. «C'est évident que tous ces gens ne sont pas intéressés à nous voir arriver dans le décor», note le ministre.

Jusqu'à maintenant, M. Arcand se réjouit d'avoir entendu à plusieurs reprises, dans l'État de New York, que l'«hydro fait partie de la solution». Pour accroître les échanges d'électricité avec New York, une ligne de transmission, dans l'État américain, doit être refaite. Or, selon ce qu'on lui a confié, cette ligne pourrait faire partie de projets d'infrastructure découlant du plan de relance du gouvernement fédéral. «Dans ce plan, beaucoup de choses devront être faites par les États», note M. Arcand.

À ses yeux, les meilleurs alliés du Québec sont les gouverneurs des États. «Ce sont eux qui signent les contrats avec Hydro-Québec.» Samedi, M. Arcand se rendra d'ailleurs à Washington pour participer à la réunion de la National Governors Association, qui rassemble tous les gouverneurs américains et qui a pour mission de promouvoir le rôle des États dans la fédération américaine.

http://www.ledevoir.com/2009/02/19/234746.htm l

[ publié par jeromet le 2009-02-19 11:46:40 ]

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