[ Energie et développement durable ]

Publié le jeudi 12 mars 2009

[ Jeudi 12 mars 2009 ]

Hydro-Québec: le choc... du futur! EED

Paul Lavallée, Physicien, professeur de l'UQAM à la retraite

D'année en année, le rayon d'action en mode tout électrique de ces véhicules croîtra. Lorsque ce rayon d'action aura atteint 25-30 km, ce qui est possible dès maintenant mais pas encore disponible sur le marché, la grande majorité des déplacements urbains pourra s'effectuer en mode électrique: pas de bruit, pas de pollution... et un coût de déplacement dérisoire! Moins de pollution signifie moins de gazoline vendue, et en conséquence l'État recevra moins de taxes, car 75 ¢ sur chaque dollar de carburant vendu actuellement reviennent à l'État. L'État va alors s'empresser de mettre des compteurs dans les véhicules pour enregistrer le nombre de kilowattheures consommés et une taxe comme celle sur l'essence sera prélevée, ce qui fera monter le coût du kilowattheure à plus de 30 ¢. Les hydrodollars remplaceront alors les pétrodollars! Mais même à 30 ¢ le kWh, l'automobiliste sera gagnant par rapport à ce qu'il paie pour l'utilisation des hydrocarbures, en raison de l'efficacité des véhicules électriques, et l'approvisionnement sera assuré... si Hydro-Québec dispose d'assez d'électricité pour répondre à la demande.

Ce virage à l'électricité va s'effectuer progressivement; négligeable au début, il va très rapidement prendre de l'ampleur, certainement en beaucoup moins de 40 ans, et le problème de l'approvisionnement va se poser! En étant liés par des contrats d'une durée de 40 ans, serons-nous obligés d'acheter de l'électricité, de construire des centrales nucléaires ou au gaz alors que nous vendrons notre électricité à 4 ¢?

Il faut dès aujourd'hui réfléchir à ces questions et, avant même que des réponses ne soient apportées, prendre dès maintenant les mesures

suivantes:

- ne plus signer de contrats à si long terme. Il me semble que cinq ans devraient suffire;

- au renouvellement des contrats avec les grandes entreprises, relever progressivement le tarif en se basant sur le tarif international, tout en laissant quand même un incitatif «raisonnable». Évidemment, les entreprises vont jurer qu'elles vont aller ailleurs, mais quand la voiture électrique arrivera sur les routes, aucun pays ne voudra céder son électricité à vil prix. Déjà, avec la Sibérie, le Québec est l'endroit où le tarif de l'électricité vendue aux entreprises est le plus bas;

- développer rapidement toutes les ressources énergétiques encore disponibles. Il faut construire tous les barrages possibles et, entre autres, faire revivre le projet «Archipel», qui produirait 500 mégawatts d'électricité au coeur de Montréal. Évidemment, il faut «racheter» les centrales hydrauliques aux entreprises qui en possèdent et qui veulent s'en départir, comme Bowater actuellement.

Devant ces perspectives fascinantes et extrêmement lucratives pour l'avenir de l'hydroélectricité, ce serait pure bêtise que de privatiser Hydro-Québec, et ce serait surtout un rendez-vous manqué avec l'histoire.

http://www.ledevoir.com/2009/03/07/237777.html

[ publié par jeromet le 2009-03-12 13:17:54 ]

[Permalien]   [ Ajouter un commentaire ] [ ]



Un blogue Actualité / Politique / Société par Mon Blogue.com