PETROLE
Les réserves s’épuisent. En 2008, et ce, pour la 1ère fois, comme le précise Dr Fatih Birol (chef-économiste de l’AIE, l’Agence a réalisé une analyse détaillée de la situation, champ par champ (ou bottom-up); analyse qui est donc bien plus précise et fiable. Ils ont analysé les 800 champs pétroliers les plus importants qui contribuent pour les 2/3 environ de la production mondiale. Et sur ces 800 champs, environ 600 sont en déclin (soit 75%); avec un taux de déclin annuel de 6,7% et 9,1%. Et donc, pour maintenir le niveau actuel de la production de pétrole (environ 86 millions de barils par jour) d’ici 2030, il faudrait découvrir et produire 43 MBJ juste pour compenser le déclin naturel comme le précise Dr Birol (’équivalent de 4 nouvelles Arabie Saoudite). Une mission impossible! Selon l’Académie suédoise des sciences, on consomme désormais 3 barils de pétrole, pour chaque baril découvert. En 2008, le commissaire européen à l’Energie, Andris Piebalgs, parlait très clairement du problème en déclarant qu’après le Peak Oil, la production de pétrole pourrait décliner de 4% par an, soit 20% en 5 ans.(5) La boulimie énergétique accélère dangereusement les changements climatiques, les prix du pétrole doivent impérativement augmenter pour, d’une part donner un coup de frein à la consommation et, d’autre part, aller vers le développement des énergies non carbonées, renouvelables qui sera pour la planète l’unique espoir.
PETROLIERES
Leurs profits atteignent, des records écrit Etienne Gernelle, Mais, au robinet, le débit faiblit. Devant cette impasse, deux stratégies: d’un côté, Exxon, qui laisse venir, affectant à peine la moitié de ses bénéfices à l’investissement. De l’autre, Shell ou Total, qui y consacrent l’équivalent de leurs profits. Mais où? Dans ce qui reste: les bruts lourds, l’offshore profond, le pétrole de l’impossible...«Nous devons nous concentrer sur ce qu’il y a de plus difficile. Si nous sommes bons là-dedans, nous ferons beaucoup d’argent», estime Jeroen van der Veer, le patron de Shell. Et puis, il y a les énergies alternatives. BP et Shell s’y sont lancées à fond. Cette dernière espère même produire du diesel à partir d’algues...Total mise sur le nucléaire. «Je n’ai jamais vu autant d’accent mis sur l’innovation», a noté récemment Daniel Yergin, historien et «oracle» de l’or noir. Faute de pétrole, les majors cherchent des idées
Al-Naïmi a précisément dit qu’à 40 dollars le baril, le pétrole était trop bon marché pour garantir de nouveaux investissements dans la production, pour lesquels il faudrait qu’il évolue autour de 60 à 75 dollars.
OPEP
En fait, depuis le milieu des années 70, elle a commencé à perdre son influence suite à l´avènement de l´AIE, véritable machine de guerre créée par Kissinger, le secrétaire d´Etat américain dont le but était de casser l´Opep. Depuis près de trente ans maintenant, l´Opep a accepté de se mettre sous la protection américaine qui dicte ses désiderata par pays du Golfe interposés. «Faute d´avoir mis en place des mécanismes de réaction adaptés à l´évolution du marché, le cartel des exportateurs en est réduit, aujourd´hui, à naviguer à vue. Pour éviter une telle volatilité, l´Opep devrait pouvoir disposer, à l´instar des banques, de moyens très sophistiqués pour contrôler la masse monétaire. Mais l´Organisation est une vieille machine mal adaptée à l´économie évolutive d´aujourd´hui.» Selon Robert Mabro, directeur du Centre d´études énergétiques d´Oxford, «il n´y a pas eu de changement d´approche depuis 1982». Et les ministres des pays producteurs continuent de se livrer à ce travail de divination risqué consistant à présager de la demande. Pour Léo Drollas, directeur adjoint du Centre d´études pour l´énergie mondiale basé à Londres, «ils ne pensent pas à long terme. Quand ils le font, c´est trop peu et, souvent, trop tard». Comme l´écrit Jean-Michel Bezat, «l’Opep court après les événements, mais elle n´a pas de gestion active des marchés». Robert Mabro ironisait volontiers sur l´impuissance de l´Opep: «Elle devrait envisager de prendre un sac de thé comme logo, parce qu´elle ne marche que dans de l´eau chaude.» Autrement dit, «quand la maison brûle et que les prix se replient trop vite, comme on le constate depuis juillet».(4)
Certes, l´Opep continuera d´exister car elle sert avant tout les intérêts des pays industrialisés en disciplinant des «faucons» comme l´Iran, ou le Venezuela par Arabie Saoudite interposée.
http://www.lexpressiondz.com/article/8/2009-0 3-19/61733.html