[ Energie et développement durable ]

Publié le samedi 28 mars 2009

[ Samedi 28 mars 2009 ]

Mettez un hoazin dans votre moteur ! EED

Un oiseau tropical puant sera peut-être à l’origine d’une génération d’agrocarburants propres.

Hoazin : si vous n’avez jamais entendu ce nom, vous allez le sentir passer. Parce que l’hoazin sent plutôt mauvais. Cet oiseau tropical qui vit dans les marais du bassin du fleuve Orénoque, au Venezuela, est l’un des rares volatiles au monde à être exclusivement herbivore. Et il est le seul à posséder un système de fermentation intégré pour digérer ses aliments. A l’image de ce qui se passe dans l’estomac des vaches, celui de l’hoazin abrite des colonies microbiennes qui provoquent la fermentation des feuilles que mange l’oiseau. Or qui dit fermentation dit gaz et mauvaises odeurs. De fait, l’hoazin sent le fumier, d’après ceux qui l’ont approché.

 

La découverte de la remarquable stratégie digestive de l’hoazin est relativement récente, puisqu’elle date de 1984. Jusqu’alors, on pensait qu’une telle "fermentation prégastrique" ne pouvait se produire que chez des mammifères d’au moins 3 kilos, parce que ce processus digestif exige en principe un énorme volume pour fonctionner. L’hoazin a un poids de 700 grammes et, comme pour tous les oiseaux volants, sa température interne est plus élevée que celle des mammifères. Chez lui, les bactéries doivent donc produire beaucoup plus d’énergie que chez un mammifère, et ce de manière très efficace dans un volume aussi réduit.

"Nous pensions qu’il y aurait une forte proportion de bactéries inconnues, poursuit Filipa Vitorino. Mais ce qui est incroyable, c’est que, sur les 1 500 espèces de bactéries trouvées, près de 94 % n’avaient jamais été décrites.

Nous avons surtout découvert ce qui ressemble à de nouvelles lignées de bactéries dégradant la cellulose (et donc capables de briser la solide membrane des cellules végétales), qui très probablement participent à la digestion par fermentation des feuilles que mangent ces oiseaux."

. L’objectif est de trouver d’autres formes de transformation de la biomasse végétale en sucre, en vue de la production d’agrocarburants."

Ses bactéries permettront peut-être de produire du bioéthanol à partir de papier usagé, par exemple."

Ana Gerschenfeld

Público

http://www.courrierinternational.com/article.asp?prec=0&suiv=4986&page=2&obj_id=95679

 

Jerome: je comprends mieux le drame des espèces qui disparaissent

[ publié par jeromet le 2009-03-28 16:08:59 ]

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