[ Energie et développement durable ]

Publié le jeudi 5 mars 2009

[ Jeudi 5 mars 2009 ]

Hydrogène -400 démonstrateurs attendus en France EED

L'hydrogène n'a pas réussi à s'imposer sur les marchés de masse, mais il pourrait revenir par la petite porte des niches.

« Nous ciblons les applications dans lesquelles les performances de la pile à combustible et de l'hydrogène sont déjà valorisables. L'objectif est de déployer des milliers de systèmes commerciaux », témoigne Dominique Bernal, directeur des technologies avancées d'Air Liquide. Dans le cadre du programme français H2E, les acteurs de la filière hydrogène espèrent tester jusqu'à 400 démonstrateurs technologiques différents. A l'automne 2008, la Commission européenne a autorisé l'Etat français à financer ce programme, via Oséo, à hauteur de 67,6 millions d'euros. Avec l'abondement de la quinzaine d'industriels et de laboratoires, le programme en question est censé engager 200 millions d'euros sur sept ans.

Air Liquide, qui coordonne l'initiative, doit maintenant convaincre des centaines de partenaires de tenter l'aventure. Pour accepter les subventions de l'Etat, la Commission européenne a imposé de limiter la taille des projets de H2E à 7,5 millions d'euros, ce qui va conduire à une fragmentation des expérimentations.

Plusieurs débouchés sont déjà bien identifiés. Sur le papier, tout appareil fonctionnant actuellement à l'électricité est susceptible d'être alimenté par le couple pile/hydrogène. L'industriel vise d'abord le développement de groupes électrogènes pour des applications spécialisées. Les piles à combustible offrent une autonomie bien supérieure aux systèmes actuels, un avantage qui peut intéresser les fournisseurs de données sensibles, comme les banques par exemple, dont les groupes de secours sont vitaux. Axane, une filiale d'Air Liquide, a déjà noué des partenariats pour expérimenter ses piles. Un projet ANR a financé le test d'une antenne-relais de Bouygues Télécom, alimentée de la sorte sur 5 sites isolés. Les meilleurs résultats ont été obtenus sur le site de Trie-sur-Baïse, dans les Hautes-Pyrénées, où la balise a accumulé plus de dix mille heures de fonctionnement ininterrompu, sans maintenance, à des températures ambiantes allant de - 5° C à 27° C. « Le système à hydrogène fournit une autonomie d'un mois », précise Dominique Bernal.

Applications mobiles

Dans les applications mobiles, la pile peut faire valoir un silence de fonctionnement bien supérieur aux groupes motopropulsés. Cette qualité a convaincu plusieurs producteurs de cinéma de les utiliser sur quelques tournages, comme au parc Monceau, où les autorisations sont difficiles à décrocher. « On peut tourner pendant plus de cinq heures avec une bouteille d'hydrogène de 30 kilos », explique un réalisateur. Le domaine des transports, qui s'est détourné dernièrement des solutions hydrogène, peut toutefois encore offrir quelques créneaux, dans la propulsion des chariots élévateurs par exemple. Plusieurs constructeurs, comme Still ou Toyota, ont testé des prototypes sur le terrain. Des niches plus petites encore, comme les voitures de golf, sont des cibles potentielles pour l'hydrogène.

Mais les démonstrations sur le terrain ne déboucheront que si les ingénieurs parviennent à réduire leur coût. « Axane a réussi en quatre ans à diviser par 10 le prix d'une pile, il faut réaliser de nouveau la même performance ces prochaines années », glisse Dominique Bernal.

Les Echoes.FR

[ publié par jeromet le 2009-03-05 00:23:09 ]

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