Uranium : un élément naturel pas comme les autres
L’uranium est un élément naturel radioactif omniprésent autour de nous. On le trouve en faible quantité dans les roches, le sol, l’eau, l’air, les plantes, les animaux et les êtres humains. Entre 1945 et 2001, la France a exploité 210 mines d’uranium sur son territoire qui ont produit 300 millions de tonnes de déchets radioactifs. Des déchets qui y ont été abandonnés sans véritables mesures de protection ou de surveillance. Présentation.
L’uranium est un élément naturel, blanc argenté, brillant, dense et faiblement radioactif. Il s’agit de l'élément le plus lourd qu'on trouve dans la nature. En revanche, il est moins abondant que le cuivre, le nickel ou le zinc, mais il est 500 fois plus abondant que l'or, plus abondant aussi que l'argent, le cadmium ou le mercure. Suite à l'exploitation et au traitement du minerai, l'uranium est destiné à deux fins : les centrales nucléaires et les armes nucléaires.
L'uranium naturel, tel qu'il est extrait du sol, est constitué essentiellement de deux isotopes : l'uranium 238 pour 99,3 % et l'uranium 235 pour 0,7 %. Or seule cette toute petite fraction, l'uranium 235, donne lieu à fission sous l'impact des neutrons et constitue ainsi la source d'énergie des centrales nucléaires. Pour alimenter les réacteurs, il faut un combustible dont la proportion d’uranium 235 se situe entre 3 et 5 %. Augmenter la proportion d’uranium 235 est appelée enrichissement. Mais U 235 et U 238 se ressemblent.
Comment fonctionne une centrale nucléaire ?
Il existe des centrales thermiques, des centrales hydrauliques et des centrales nucléaires. Toutes sont basées sur le même principe : faire tourner une turbine associée à un alternateur qui fabrique de l'électricité. La différence de fonctionnement se situe au niveau de l’entraînement de la turbine. Si dans les centrales thermiques classiques, un combustible fossile (charbon, gaz naturel ou pétrole) est brûlé pour transformer de l’eau en vapeur capable d’entraîner la turbine, dans les centrales nucléaires, les noyaux d’uranium remplacent le combustible fossile. En se cassant, ces gros noyaux libèrent de l’énergie nucléaire, qui sera utilisée pour produire de la vapeur d’eau. La pression de la vapeur permet de faire tourner à grande vitesse une turbine, laquelle entraîne un alternateur qui produit de l'électricité.
Un élément naturel nuisible à l’environnement
L'uranium peut nuire à l'environnement de plusieurs façons. Tout d’abord, pour extraire l'uranium, il faut détruire de grandes surfaces de terres qui resteront stériles pendant des années. Le traitement du minerai exige l'usage de produits chimiques toxiques tels que l’ammoniaque, l’acide chlorhydrique, le kérosène et l’eau oxygénée. Ces substances sont systématiquement déversées dans l'environnement. Mais ce sont les déchets nucléaires qui représentent le plus grand risque pour l’environnement. Les résidus miniers conservent 85 % de la radioactivité du minerai d'origine sous forme de produits de désintégration qui se régénèrent sans cesse. La contamination par l’uranium appauvri empoisonne l’environnement pour plusieurs milliards d’années.
La ruée vers l’uranium Developpement Durable
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Le nucléaire : énergie ou pollution durable ?
L’uranium est-il une source d’énergie renouvelable ?
L’uranium, comme le plutonium ou le thorium, est un combustible dont les gisements finiront par se tarir à plus ou moins longue échéance (cela dépend du rythme de consommation et des progrès technique en la matière. Certains experts parlent d’une centaine d’années, tout au plus. L’OCDE l’estime à 300 ans).
Le nucléaire peut-il être considéré comme une solution pour combattre le réchauffement climatique ?
Cette solution est envisagée en Europe. La République tchèque, actuelle présidente de l’Union, le souhaite fortement. Cela serait notamment une façon efficace d’acquérir l’indépendance énergétique vis-à-vis du pétrole des pays de l’OPEP et du gaz russe. Mais c’est aussi un concept à nuancer : certes, la France émet moins de CO2 que ces voisins européens (qui utilisent beaucoup les énergies fossiles comme le charbon) grâce à cette technologie. Mais il serait impossible de l’appliquer au niveau mondial : le nucléaire ne produit aujourd’hui que 16 % de l’électricité mondiale (18 % pour l’hydraulique, 38 % pour le charbon, 8 % pour le pétrole et 18 % pour le gaz), et pour remplacer totalement l’utilisation des énergies carbonées, il faudrait construire pas moins de 1025 réacteurs de 1000 MW fonctionnant 6000 heures par an. Le risque nucléaire, la production de déchets, et les réserves en uranium ne le permettent de toute façon pas. Sans parler des investissements pharaoniques à réaliser.
Le nucléaire est-il rentable ?
L’électricité d’origine atomique, il est vrai, n’est pas chère. Cela s’explique d’abord parce que les centrales fonctionnent 24h/24, et presque 365 jours par an. Ensuite, le coût de l’uranium est très peu impacté par les variations de prix des matières premières. Le combustible ne représente que 5 à 7 % du prix du kilowatt heure, contrairement au gaz qui correspond à 76 % du prix de l’électricité générée par ce moyen. Enfin, un réacteur produit beaucoup d’énergie : pour atteindre le rendement d’une centrale, il faut environ 10 000 éoliennes. Mais là encore, il faut nuancer : les coûts réels des centrales sont en fait énormes et assurés par l’argent public (ce qui ne se ressent évidemment pas sur nos factures EDF). Pour exemple, le Commissariat à l’énergie atomique a bénéficié de 308 milliards de francs (47 milliards d’euros) de subventions publiques pendant quarante ans, monopolisant plus de 90 % des budgets de recherche sur les énergies (En France, on accuse ainsi souvent le nucléaire d’être responsable du retards pris dans le développement des énergies renouvelables). Sans parler des coûts d’entretien ou de démantèlement des centrales, qui reste la grande inconnue. Certains experts avancent même qu’il s’agit du moyen de production électrique le plus coûteux.
Les progrès technologique pourront-ils changer la donne ?
Très critiqué par l’investissement financier colossal qu’il nécessitait, le réacteur français Phoenix avait un objectif ambitieux : utiliser les déchets comme combustible. Les centrales nucléaires pourraient alors fonctionner en circuit fermé et ne plus produire de déchets. Mais il a pour l’instant était abandonné. Cette quatrième génération de réacteur n’a pas pour autant été oublié, mais les connaissances scientifiques en la matière sont pour l’instant insuffisantes pour développer cette technologie.
http://www.developpementdurable.com/technolog ie/dossier/A1359/P2/
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Le réacteur pressurisé européen (en anglais EPR : European Pressurized Reactor) est un projet de réacteur nucléaire de troisième génération, conçu et développé par EDF et Areva. Plus sûr, il est censé fournir 22 % d’électricité de plus qu’un réacteur traditionnel avec la même quantité de combustible et réduire de 30 % le volume de déchets radioactifs générés. Né à la fin des années 1980, il n’a guère d’autres innovations à proposer qu’une coque en béton et des systèmes de sécurité supplémentaires
La quatrième génération elle, représente un véritable bond en avant : réacteur à neutrons rapides, refroidissement à l’hélium ou au plomb plutôt qu’à l’eau et, surtout, auto-recyclage des déchets qui permet de ralentir considérablement le rythme de la consommation d’uranium.
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90 % des centrales nucléaires du monde sont en Europe de l’Ouest, aux Etats-Unis ou au Japon"
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85 % des réserves mondiales sont détenus par huit pays. L’Australie serait le premier détenteur d’uranium, avec 27 % des parts des réserves mondiales. Suivi par le Kazakhstan et le Canada avec respectivement 14 et 13 % des réserves mondiales. Le Niger et l’Afrique du Sud détiennent tout deux 7 % des parts de réserve d’uranium. En sixième et septième position, on trouve le Brésil et la Namibie avec 6 %. Suivent ensuite les Etats-Unis, avec seulement 4 % des réserves d’uranium mondiales.
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ROYAUME-UNI • Une usine nucléaire hors de prix
Sellafield, pôle industriel électronucléaire situé sur les côtes britanniques de la mer d'Irlande, est aujourd'hui au centre de bien des mécontentements, relève The Independent. L'usine Mox, ainsi appelée parce qu'elle produit un combustible nucléaire composé d'un mélange d'oxydes d'uranium et de plutonium (MOX), a en effet coûté depuis son ouverture, en 2001, plus de 1 milliard de livres (1,1 milliard d'euros) aux contribuables.
Destinée à transformer des déchets radioactifs en combustible nucléaire pour le marché mondial, l'usine avait pour objectif affiché de produire annuellement 120 tonnes de MOX pour un bénéfice de 200 millions de livres. Mais on est très loin du compte, officiellement pour des problèmes techniques. "Le gouvernement a reconnu des manquements quant aux commandes fixées, l'usine n'ayant produit que 6,3 tonnes de combustible depuis 2001", précise le quotidien britannique. Ce miniscandale écologique "porte un coup dur à la politique de 'renaissance nucléaire' vers laquelle le gouvernement voudrait mener la Grande-Bretagne", conclut The Independent.
http://www.courrierinternational.com/article. asp?obj_id=96562
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