Écrit par Yves Chartrand
MALARTIC - Une centaine de personnes ont tenu une manifestation mardi à Malartic pour marquer leur opposition au projet de mine à ciel ouvert géante pour laquelle est sacrifié tout un quartier de la municipalité. Le chanteur Richard Desjardins a pris la parole en promettant que «Osisko ne fera pas de trou, Osisko va prendre son trou».
Richard Desjardins: «Osisko ne fera pas de trou, Osisko va prendre son trou.» Photo Pierre-Paul Poulin
Organisé par la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine, la manifestation a regroupé une centaine de personnes qui ont longuement scandé que «l'Abitibi, ce n'est pas un trou» avant de céder la parole à plusieurs intervenants qui ont ensuite participé aux audiences du BAPE au sous-sol de l'école primaire Renaud, qui doit être démolie pour faire faire place à la mine aurifère d'Osisko.
Le chanteur Richard Desjardins a rappelé qu'en 100 ans d'exploitation minière et forestière en Abitibi, «c'est phénoménal, l'argent qui est sorti d'ici sans que nous en ayons reçu les bénéfices autres que les salaires pour survivre et les taxes récupérées tant bien que mal». Il s'est dit d'avis que ces secteurs «que l'on dit si importants pour notre économie» auraient dû être nationalisés depuis longtemps. «Le Chili l'a fait il y a 40 ans et même les fascistes de Santiago considèrent que ce fut une bonne idée», a-t-il souligné, ajoutant qu'Hydro-Québec nous avait rapporté trois milliards de dollars en 2008.
Loi arrogante
Depuis 100 ans, les habitants de l'Abitibi ont beaucoup évolué mais l'industrie minière «continue à nier le fait qu'une société humaine s'est implantée sur ses gisements anciens et actuels». La Loi sur les mines, dit Richard Desjardins, est toujours prépondérante sur les autres lois, «toujours arrogante, expropriatrice, intraitable et inéquitable».
Il est temps de civiliser cette industrie, a ajouté Richard Desjardins, «et ça va commencer ici à Malartic». «Osisko ne fera pas de trou, Osisko va prendre son trou. Allons-nous faire la souveraineté sur une écorce terrestre explosée et des forets dévastés?» a-t-il demandé.
L'exploitation minière comme celle proposée par Osisko à Malartic «ressemble davantage à du pillage qu'à un véritable développement fait pour les gens, a lancé Christian Simard, de Nature Québec. «On parle souvent de malbouffe, mais au Québec, on fait souvent du mal-développement», a-t-il ajouté, avant de comparer le projet d'Osisko à «une brosse de consommation» où seront utilisés chaque jour 25 millions de litres d'eau, 11 tonnes de cyanure et 30 tonnes de produits chimiques. «Il faut changer cela et traiter notre territoire de façon durable», croit M. Simard.
La commission d’enquête du BAPE a commencé à entendre les mémoires des citoyens sur le projet de mine à ciel ouvert. Photo Pierre-Paul Poulin
Vraie consultation demandée
Un citoyen de Malartic qui s'oppose au projet est venu dire aux manifestants que jamais la population de l'endroit n'avait été consultée. «On a été informés par un journal local du projet Osisko et on a appris qu'il y aurait 180 maisons et cinq institutions qui seraient délocalisées. On demande une vraie consultation comme ce serait normal de le faire lorsqu'il y a des impacts sociaux comme celui-là», a revendiqué Jacques Saucier, du Comité de vigilance de Malartic.
En début de soirée, la commission d'enquête du BAPE a commencé à entendre les mémoires de citoyens sur le projet de mine à ciel ouvert. Plusieurs citoyens comme Myriam Gervais et une avocate, Nicole Kirouak, ont dénoncé le projet, le qualifiant de contraire aux intérêts de la communauté malarticoise.
Un commerçant qui a vécu toute sa vie à Malartic et qui doit déménager du quartier où il a grandi a dit presque à regret que le projet Osisko était nécessaire pour relancer sa municipalité mono-industrielle qui agonise. Gilles Leclerc, un marchand de chaussures, s'est étouffé dans ses sanglots devant l'état de sa communauté. Il a dit espérer que la mine redynamisera la ville même s'il est conscient des désavantages qu'entraînera une mine à ciel ouvert dans la cour arrière de Malartic.
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devenons tous chanteur pour nourrir nos familles!!!
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Si jamais ce projet se fait arreter en raison des manifestations, nous devrons demander a Desjardins d'engager 900 travailleurs a minimum 50000$/annee. c'est bien beau l'environnement, mais il ne faut pas oublier que le territoire de l'abitibi existe en raison des ressources naturelles. si il est maintenant impossible d'exploiter le bois, le sol et les rivieres, je ne vois aucune raison de garder cette region ouverte.
ce n'est surement pas le touriste qui sauvera l'abitibi. enlevez les mines et les moulins de bois et il ne restera que des hopitaux, des ecoles et des policiers aux services des chomeurs.
p.s. j'habite l'abitibi
http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/55-enjeux/3736-malartic-mine-richard-desjardins
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http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/politiqueprovinciale/3356-richard-desjardins-mines-foret-industrie-forestiere-miniere