[ Energie et développement durable ]

Publié le jeudi 14 mai 2009

[ Jeudi 14 mai 2009 ]

La Californie continue de donner l'exemple EED

Louis-Gilles Francoeur


Le California Air Resources Board (CARB) a adopté jeudi soir la première norme visant à réduire l'intensité du carbone présent dans les combustibles utilisés par son parc automobile, malgré l'opposition des producteurs d'éthanol et les craintes des exploitants des sables bitumineux canadiens et étasuniens.

En vertu des nouvelles normes du Low Carbon Fuel Standard (LCFS), qui entreront en vigueur dès 2011, les producteurs de combustibles devront réduire en 2020 d'au moins 10 % l'intensité en carbone de leurs produits.

Le CARB a fixé à 96 grammes de carbone par mégajoule d'énergie la norme de 2011, qui devra évoluer jusqu'à atteindre une réduction de 10 % neuf ans plus tard. Et cette réduction englobera la totalité des émissions, de l'extraction du sous-sol jusqu'au tuyau d'échappement en passant par sa transformation industrielle.

Le débat a été d'autant plus féroce devant le CARB que l'analyse du cycle de vie exigée pour l'éthanol impose à ce combustible une pénalité de 37 grammes par mégajoule pour tenir compte des répercussions de la déforestation, qui prive en permanence la planète de «puits» de GES au profit des champs où on cultive le maïs et autres plantes utilisées pour ce combustible.

Quant aux pétrolières canadiennes qui exploitent les sables bitumineux, elles craignent non pas tant l'application de cette norme en Californie, où leurs produits sont peu présents, que son effet d'entraînement sur d'autres États plus près du Canada et, surtout, sur la loi Markey-Waxman, qui fait l'objet de discussions intenses depuis quelques jours au Congrès des États-Unis.

Par ce projet de loi, les deux représentants proposent de plafonner les émissions globales de leur pays et de gérer les émissions grâce à un marché d'échanges de crédits lié au marché international du protocole de Kyoto.

Déjà, la Californie utilise cette idée, car les producteurs qui devront satisfaire à sa norme LCFS pourront acheter des crédits d'émissions sur le marché international s'ils n'ont pas atteint le niveau de rendement exigé de leur produit.

Le resserrement des normes de l'autre côté de la frontière a d'ailleurs incité cette semaine le premier ministre de Saskatchewan, Brad Wall, à renier son engagement électoral de réduire de 32 % les émissions de sa province d'ici 2020 par rapport à leur niveau de 2004.

Le premier ministre Wall règle plutôt son pas sur celui de Steven Harper, soit une réduction de 20 % d'ici 2020 par rapport au niveau de 2006. C'est précisément cette dérobade dans le dossier du climat qui a fait du Canada le cancre environnemental des pays de l'OCDE.

Selon le Saskatchewan News Network, l'impact des normes promises en campagne électorale serait trop grand pour l'économie de la province aux yeux du premier ministre Wall. Le Canada devrait alors envisager de faire consommer le pétrole des sables bitumineux par son marché interne, en particulier dans l'est du pays, qui importe présentement du pétrole étranger mais moins polluant, quitte à exporter en priorité le brut léger encore abondant dans l'Ouest canadien parce qu'il satisfera plus facilement aux exigences étasuniennes ou internationales.

Les écologistes québécois sont fortement opposés à l'idée de consommer le pétrole des sables bitumineux et réclament de Québec une loi pour interdire son usage par les pétrolières présentes au Québec.

http://www.ledevoir.com/2009/04/25/247466.html?fe=6711&fp=400691&fr=145170

[ publié par jeromet le 2009-05-14 02:35:30 ]

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