"Il faut se désintoxiquer des pesticides"
Natacha Calestrémé, la réalisatrice du film «Disparition des abeilles, la fin d’un mystère» nous explique comment la piste des pesticides, responsables selon elle de la surmortalité des butineuses, s’est imposée après trois ans d’enquête. (voir le dossier complet)
Sciences-et-Avenir : Des chercheurs du monde entier se penchent sur la disparition des abeilles. Vous auriez résolu le mystère?
Natacha Calestrémé: Avec Gilles Luneau, grand reporter et journaliste spécialiste en agrochimie (Nouvel Observateur), nous étions convaincus, que les abeilles mouraient par une conjonction de phénomènes, victimes de parasites, de champignon, de virus, d’ondes électromagnétiques etc… Des causes multifactorielles. Petit à petit, nous nous sommes aperçus qu’il ne fallait pas confondre cause et conséquence. Si les abeilles résistent mal à ces pathologies c’est d’abord parce que leur organisme est affaibli.
Qu’est-ce qui les affaiblit?
Les pesticides. Et plus précisément, la recombinaison des molécules entre elles. Un herbicide conçu contre les mauvaises herbes a peu d’impact sur les abeilles. Un fongicide, utilisé contre les champignons, également. Mais ces deux produits mélangés dans le sol provoquent un cocktail chimique dont les dégâts sur les abeilles sont phénoménaux. Les agriculteurs pratiquent entre 15 et 40 traitements annuels -herbicides, fongicides, insecticides- sur leurs cultures. Or, les molécules des pesticides, présentes dans les pollens, sont persistantes dans les sols (lire l’interview de Jean-Marc Bonmatin, du CNRS). En laboratoire, ces mélanges créent des mortalités de 90% en 24h, comme nous l’explique Luc Belzunces, de l’Inra d’Avignon, dans le film. Dans la nature, c’est plus long.
Tous les insectes sont exposés. Y a-t-il des facteurs aggravants pour l’abeille?
L’abeille domestique utilise 10 kilos de miel pour faire un kilo de cire. Pour éviter cette perte en miel, l’apiculteur lui fournit de la cire, qu’il recycle d’année en années. Or certains produits chimiques sont liposolubles (ils se dissolvent dans les corps gras) et s’accumulent avec le temps. Le professeur Jean-Daniel Charrière du centre Suisse de recherches apicoles (Liebefeld-Posieux) m’a avoué avoir trouvé dans les cires de 2008 des composés organochlorés (1) interdits en Europe depuis plus de dix ans. Bref, la ruche elle-même pourrait être empoisonnée. A ma connaissance, aucun laboratoire ne s’est encore penché sur cette question.
Y a-t-il d’autres pratiques apicoles à améliorer?
Le miel étant de plus en plus rare du fait de la disparition des abeilles, certains apiculteurs ont tendance à trop en prélever. Pour que l’abeille garde une provision de miel suffisante durant l’hiver, Jean-Daniel Charrière (Suisse) préconise de ne pas prendre plus de 30% de la récolte. Aujourd’hui, les quotas sont bien supérieurs. On compense ce manque par de la mélasse de maïs ou des sirops de sucre, bien souvent non exempts de pesticides. Le miel a pourtant des qualités antibactériennes qui sont très utiles à l’abeille.
Quelle solution pour sauver les abeilles?
Donner des subventions au bio. Essayer de ne pas créer ces mélanges mortels dans la nature. Ne pas traiter systématiquement les cultures, mais au cas par cas. Les semences enrobées diffusent leurs produits dans la plante depuis la germination jusqu’à la récolte, sans savoir si ces pesticides seront utiles. C’est un peut comme si on vous disait : vous risquez d’attraper une grippe au mois de décembre, je vous mets sous antibiotique de septembre à juin. C’est ce qu’on fait aux plantes ! Il faut nous désintoxiquer des pesticides. Il n’est pas normal que nous, les particuliers, achetions des produits chimiques pour nos rosiers alors que nous n’avons aucun problème de rendement !
Quelles difficultés avez-vous rencontrées pour réaliser ce film?
Au départ, aucun apiculteur ne voulait avouer ses pertes face à la caméra car ils passent pour des incompétents auprès de leurs collègues et ne peuvent plus vendre leurs reines… Bref ils n’ont aucun intérêt à communiquer sur le sujet. L’un d’entre eux a fini par parler et cela a fait boule de neige. C’est un petit milieu. Les apiculteurs ont compris que nous n’étions pas là pour les juger mais pour les aider.
Que pensez-vous du plan d’urgence pour les abeilles, dont le principe a été adopté par le Sénat?
Cela prouve que le problème est pris en compte chez les politiques. Ils préconisent une nouvelle expertise indépendante. C’est une nécessité. Si elle est financée par les industries chimiques, elle n’aura aucune valeur ! Espérons qu’ils sauront s’entourer de gens compétents.
Propos recueillis par Rachel Mulot
édition Cécile Dumas
Sciences-et-Avenir.com
26/03/09
(1) Un composé organochloré est un produit chimique de synthèse, dérivé de molécules de chlore , utilisé comme solvant, pesticide etc. Le plus connu est le DDT.
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/sciences/nature/20090326.OBS0756/il_faut_se_desintoxiquer_des_pesticides.html
-------------
La disparition des abeilles pourrait changer la face du monde
"Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre"
Albert Einstein
Dans tous les pays qui sont en mesure d’étudier le phénomène, les colonies d’abeilles s’effondrent depuis plusieurs années. Mesurée précisément depuis fin 2006 mais signalée par les apiculteurs depuis le milieu des années 90, cette disparition a été baptisée «colony collapse disorder» ou CCD. Aux Etats-Unis, notamment, la Floride et le Texas auraient perdu 70% de ses abeilles, la Californie entre 30 et 60 %. Le syndrome toucherait 30 états américains mais sévit aussi l'Europe, notamment en l'Italie, en France ou en Allemagne.
L'enjeu est de taille, puisque l'inactivité des abeilles remet en cause le cycle biologique des récoltes, auquel participe la pollinisation. Ces butineuses assurent souvent de manière exclusive, la pollinisation de 80% des plantes les plus répandues dans le monde et 90 variétés de fruits et légumes dont les récoltes représentent une valeur de 15 milliards de dollars par an rien qu’aux Etats-Unis.
Les explications sont multiples et sans doute toutes juste dans une certaine mesure.
Disparition des espaces à butiner, plus de pollution et général et foisonnement des pesticides, insecticides et autres produits chimiques en « cides » qui sont répandus dans la nature sont les premiers facteurs de « terrain » visés. Le séquençage récent du génome des abeilles à permis de se rendre compte que l'abeille est un insecte fragile car il lui manque un certain nombre d'enzymes détoxifiantes présentes chez d'autres insectes tels que la mouche.
Quand la dissémination de quelques arpents d’une plante génétiquement modifiée aux gènes stériles fait un scandale national, on déverse tous les jours des centaines de milliers de litres de substances chimiques destinées à tuer tel ou tel élément vivant. Ces substances ne sont pas enfermées dans les gènes de la plante et ne disparaissent donc pas à sa mort mais subsistent pendant des milliers d’années. Elles l’imprègnent ainsi que tous les éléments environnants, elles ruissellent ensuite dans l’eau et suivent son circuit jusqu'à ce qu’elles se stockent quelque part dans la terre avant de repasser dans le cycle végétal.
A ce petit jeux d’accumulation de toxiques, les espèces butineuses sont les premières touchées et spécialement les espèces sociales comme les abeilles. Une pathologie qui apparaît sur un insecte solitaire à moins de chance de se propager que dans une ruche grouillante. Le gros souci, c’est que cette rupture d’équilibre va perturber une autre dynamique essentielle, celle de la reproduction de certaines plantes qui est essentiellement assurée par le transport de pollen effectué par les abeilles.
Sur ces aspects généraux, voici une metite interview remarquable de Simon Pierre Delorme, journaliste spécialiste des abeilles diffusé par Natura Vox:
VIDEO
Abeille
Uploaded by supervielle
Quelques pistes scientifiques pour expliquer plus précisément le CCD :
L’hypothèse des ondes de portables :
D'après des scientifiques britanniques, les ondes des téléphones portables perturbent les abeilles.
Les abeilles pollinisatrices perdent leur sens de l'orientation à cause des radiations éléctro-magnétiques émises par les téléphones portables et autres gadgets. C'est ce qu'affirment des chercheurs de la Landau University, au Royaume-Uni. Selon les chercheurs, les ondes des téléphones portables créent des interférences avec le système d'orientation des abeilles qui partent polliniser les champs. Résultat : lorsque ces insectes tentent de retourner à la ruche, ils se révèlent incapables de retrouver leur chemin et meurent.
L’hypothèse des ondes de téléphones portables n’est pas la seule piste d’explication à cette atteinte sans précédent. Pour certains chercheurs, "cela peut suggérer la présence d'une substance chimique ou d'une toxine à l'intérieur de la ruche" qui pourraient provenir notamment des pesticides.
L'hypothèse virale :
Une étude génétique menée par l'équipe du professeur Diana Cox-Foster, du département d'entomologie de l'université de Pennsylvanie et publiée dans la revue Science du 6 septembre 2007 a séquencé des fragments de matériel génétique prélevés dans des colonies touchées par le CCD et dans les colonies saines. Une corrélation forte est apparue entre le CCD et la présence d'un virus, le Israeli Acute Paralysis Virus (IAPV). Ce dernier est détecté dans 83,3 % des échantillons affectés par le CCD, et dans seulement 4,8 % des colonies saines."Cela ne signifie pas qu'il est la cause des mortalités, mais qu'il constitue un marqueur du CCD", explique Diana Cox-Foster. Elle va maintenant tenter d'inoculer l'IAPV à des colonies saines, et de reproduire le CCD.
Pour Laurent Gauthier, du laboratoire de pathovigilance et de développement apicole de Supagro Montpellier, l'IAPV est désormais "un candidat parmi d'autres" pour expliquer les pertes d'abeilles. Mais "les virus peuvent aussi être une conséquence, plutôt qu'une cause", de l'affaiblissement des colonies, poursuit M. Gauthier. "La question est de savoir s'il existe des facteurs de déséquilibre, favorisant la prolifération de ces pathogènes", affirme-t-il.
L'écroulement des défenses immunitaires:
Selon des chercheurs de l'université de Columbia, de multiples micro-organismes tels que le parasite ‘Nosema ceranae" seraient à l'origine de la contamination. Cette infection serait le signe d'un déficit important du système immunitaire. L'explication de cet effondrement du système immunitaire pourrait se trouver dans le recours systématique des apiculteurs américains aux antibiotiques comme la terramyciine pour lutter contre la loque américaine (maladie causée par un bacille qui infecte les larves).
Documents:
Dans certaines régions de Chine, les abeilles ont disparu depuis bien longtempsRoquettesyntaxe:
VIDEO
Le silence des abeilles
Uploaded by AMAPD
Voir aussi ce point sur la situation en France ou une fragile amélioration a été constaté depuis l’interdiction des pesticides Regent et Gaucho : http://www.agrisalon.com/06-actu/article-19864.php
Et pour ceux qui n’ont pas peur de bouffer des rapports scientifiques : http://www.afssa.fr/Documents/LABO-Ra-EnqueteAbeilles.pdf
Source : silicon.fr / enviro 2B / RFI / futura sciences / observabilis
Pour poursuivre: l'entrée en vigueur du programme européen REACH
par Roquettesyntaxe publié dans : ECO CHAOS
http://www.factsonlyagency.com/article-18514733.html
---------------
Disparition des abeilles - la fin d'un mystère
L’abeille disparaît de la planète. Les pertes atteignent parfois 90% des colonies. L’industrie agro-alimentaire réalise soudain que les abeilles, en pollinisant les fleurs, sont les garantes d’une bonne récolte, soit 153 milliards de dollars par an. Plus que multiple la cause est simple : l’homme maltraite son environnement
A VOIR
Video 51 minutes
http://video.google.com/videoplay?docid=-4283473024953372130
-----------
Aujourd’hui, plus de 80 % de notre environnement végétal est fécondé par les abeilles, qui jouent un rôle prépondérant de pollinisateurs. Ainsi, près de 20.000 espèces végétales menacées sont encore sauvegardées grâce à leur action pollinisatrice. Et près de 40 % de notre alimentation (fruits, légumes, oléagineux, etc...) dépend exclusivement de l’action fécondatrice des abeilles.
-----------
Pour en savoir plus
VIDEO
Le Titanic Apicole: Terreur Pesticide 00 a 18
http://www.youtube.com/watch?v=e55SoTaQowc&feature=related
Les Abeilles transhument vers le néant. Les Abeilles désertent par centaines de milliards. Les ruches se vident en moins dune semaine. Cest une nouvelle catastrophe, qui sannonce damplitude planéta...
Les Abeilles transhument vers le néant. Les Abeilles désertent par centaines de milliards. Les ruches se vident en moins dune semaine. Cest une nouvelle catastrophe, qui sannonce damplitude planétaire, car les abeilles pollinisent 40 % des récoltes agricoles et une grande partie de la flore naturelle. Cette catastrophe se nomme syndrome deffondrement des colonies.
Ce film documentaire de 2h15, réalisé par Dominique Guillet et Ananda Guillet, est un cri dalarme. Que deviendrait lhumanité sans les Abeilles? Cest aussi un réquisitoire implacable contre les empoisonneurs publics, les Monsanto, les Bayer, les Basf, les Syngenta, etc. Ainsi que le demandait Roger Heim, Président de lAcadémie Nationale des Sciences, en 1965, dans son introduction au Printemps Silencieux de Rachel Carson: «Quand mettra-t-on les empoisonneurs publics en prison?»
Dans ce premier tome du Titanic Apicole, la Terreur Pesticide, lempoisonnement des abeilles, de lhumanité et de la biosphère est dénoncé par de très nombreux lanceurs dalerte: Fabrice Nicolino (journaliste), Jean-Pierre Berlan (INRA), Christian Vélot (CNRS), Professeur Bonmatin (CNRS), Professeur Belpomme (cancérologue), Dominique Guillet (Kokopelli), Cécile Fléché (anciennement Affsa), Patrick Drajnudel (Etoiles des Abeilles) et de nombreux apiculteurs de France (Maurice Coudoin, Franck Alletru, etc), de Suisse et des USA. La partie adverse est représentée par Jean-Charles Bocquet, directeur de lUIPP, le lobby des pesticides, et Jean-Paul Faucon, chef dunité au laboratoire de pathologies des abeilles de lAfssa de Sophia-Antipolis.
Dans ce film-documentaire, nous exposons laffaiblissement et leffondrement des colonies dabeilles suite à lépandage massif de pesticides depuis des dizaines dannées, la corruption des hautes administrations et de lINRA, la collusion entre ces administrations, les industriels des pesticides et les scientifiques indépendants (mais néanmoins à la solde de lagro-chimie), la complicité des coopératives agricoles, les mensonges de lUIPP (le lobby des pesticides), la lâcheté et la duplicité de lAfssa, les fondements mortifères de lagriculture moderne, le refus découter les lanceurs dalertes...