À Fort Myers, Julie Connan
Une fabuleuse plante, le jatropha, séduit de plus en plus d'agriculteurs qui y voient une solution à la crise.
«Difficile de croire qu'une plante aussi miraculeuse puisse prospérer dans un tel dépotoir, n'est-ce pas ?» Depuis un an qu'elle fait la promotion du jatropha, Cecilia Cutcher n'en revient toujours pas : ce petit arbre sauvage, nouvelle coqueluche des biocarburants, pousse comme de la mauvaise herbe, sans eau, ni soin particulier. Une vraie bénédiction pour les terres arides et semi-arides de la Floride, comme ici à Fort Myers.
Comme d'autres agriculteurs de la région, Cecilia Cutcher et Sue MacFarlan, auparavant employées dans l'immobilier, se consacrent donc désormais entièrement à la culture de cet «arbre à pétrole», venu des Caraïbes et déjà cultivé en Inde, en Australie, à Madagascar, au Brésil ou au Kenya.
«Ce qui en fait une plante aussi fabuleuse, c'est qu'une fois ses fruits écrasés, ils donnent une huile brute, utilisable telle quelle pour des tracteurs, des générateurs, des bateaux de croisières, ou des trains. Mais raffinée, cela devient un biocarburant que vous pouvez utiliser dans votre réservoir», résume Sue MacFarlan, l'autre «Jatropha Girl» du duo.
Pour la cultiver, il faut compter environ 2 dollars par plante, et les graines peuvent s'acheter sur Internet ou directement auprès de fermes.
«Le jatropha est l'une des réponses en matière de biocarburant, à la crise mondiale de l'énergie», confirme Roy Beckford, chercheur à l'université de Floride.
Une huile déjà testée sur des avions
En décembre dernier, le rêve des partisans de la plante a d'ailleurs commencé à se concrétiser : Air New Zealand a fait voler un Boeing 747 en utilisant 50% de fuel classique et 50% d'huile de jatropha et réduit de moitié son empreinte carbone. Un mois plus tard, c'était au tour de Continental Airlines d'en faire autant sur l'un de ses appareils. À l'heure où l'administration Obama plaide pour l'adoption d'un plan contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le jatropha a de quoi être en odeur de sainteté.
Autre atout de taille : contrairement au soja ou au colza, le jatropha curcas, de son vrai nom, ne concurrence pas la production de denrées alimentaires. Seul défaut de cette plante toutefois: sa faible résistance aux gelées occasionnelles qui frappent la Floride en hiver.
En lançant une ferme-modèle, près de Fort Myers, et 4.000 hectares de plantations prévus sur la cote est de la Floride, les deux cinquantenaires vivent leur reconversion comme une mission vis-à-vis de l'agriculture floridienne. «Pas moins de 41% de la culture des agrumes a disparu ces 8 dernières années à cause de maladies et d'importations de plants défectueux, notamment du Brésil», déplore Sue MacFarlan. «Notre mission est donc de fournir à ces agriculteurs une culture alternative qui leur permettent d'avoir des revenus décents et de ne pas vendre leur ferme ou abandonner leur métier», explique-t-elle.
Et ce n'est pas Harold L. Crews II qui va les contredire. Directeur du Farmers Market où les Jatropha Girls ont fait leurs premières plantations, il a bien l'intention d'utiliser les récoltes de la parcelle pour alimenter un petit tracteur, destiné à faire du «marketing auprès des agriculteurs traditionnels».
Le jatropha a déjà attiré l'attention de plusieurs groupes pétroliers, comme Chevron avec qui Cecilia Cutcher et Sue MacFarlan sont en contact. Un intérêt qu'elles vivent presque comme une revanche : «Jusqu'à présent, beaucoup de subventions et d'aides sont allées aux raffineries, mais aucune pour les agriculteurs désireux de planter du jatropha ou d'autres arbres oléifères. Mais avec la nouvelle administration Obama, c'est d'ores et déjà en train de changer».
http://www.lefigaro.fr/vert/2009/04/29/01023- 20090429ARTFIG00164-l-arbre-a-petrole-l-or-ve rt-de-floride-.php
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C'est avec les vieilles huiles qu'on fait les meilleurs carburants
En Chine, au Japon, le recyclage des huiles alimentaires est chose courante". Mais au Cambodge, l'offre risque d'être bien vite dépassée par la demande. Parallèlement à l'utilisation des huiles usagées, la société Biodiesel Cambodia mise donc sur une autre source de carburant : les graines de jatropha (ou lahong kuong en khmer), une plante adventice au Cambodge, non comestible et capable de pousser sur des terres peu fertiles où d'autres cultures ne survivraient pas.
La combinaison des deux sources, vieilles huiles et jatropha, a fait ses preuves dans un projet pilote
http://ka-set.info/actualites/environnements/ cambodge-information-biocarburant-biodiesiel- 1-080508.html
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Biocarburant : la formule triplement gagnante d'une lycéenne cambodgienne
La lycéenne n'a donc eu aucun mal à expliquer par le menu sa recette de biocarburant, dont elle produit un litre pour trois kilos de graines de jatropha. L'ensemble du processus, qui implique de transformer les graines en huile, lui prend tout de même entre trois et cinq jours, au terme desquels elle obtient une solution encore relativement visqueuse qu'elle doit couper avec une quantité équivalente de gazole traditionnel, comme cela est souvent le cas pour les biocarburants oléagineux (issus d'huiles végétales) afin de pouvoir l'utiliser sur un moteur diesel ordinaire. "Si j'ai l'occasion de continuer à effectuer des recherches sur cela, j'espère parvenir à réduire l'apport de gazole [apport qui représente généralement 10 à 30% dans ce type de carburant - NDLR]"
http://ka-set.info/actualites/environnements/ cambodge-bio-carburant-biodiesel-sweeep-conco urs-lyceenne-090504.html?comment_id=357&joscc lean=1
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Agrocarburant du futur dans les pays du sud?
Le jatropha a ses limites et présente le risque de conflits d’usage sur des terres utilisées aujourd'hui pour l'agriculture vivrière.
Comme l'explique Roland Pirot, agronome et chercheur au Cirad : "C’est le dernier choc pétrolier qui a créé cet engouement international pour le jatropha. Depuis l’intérêt est un peu retombé".
Dans les années 40 déjà, la plante était utilisée comme carburant en Afrique. Là-bas, on l’appelle pourghère et on lui prête traditionnellement bien des vertus : son latex contient des agents coagulants et cicatrisants pour soigner les blessures, son huile est purgative. On l’utilise aussi pour fabriquer du savon et son tourteau peut être utilisé en engrais. Son système racinaire profond permet de lutter contre l’érosion des sols. Enfin, les haies vives de jatropha entourent traditionnellement les jardins maraîchers pour les protéger des animaux.
L’Inde est l’un des premiers pays à s’être intéressé de près au jatropha à la fin des années 1990, pour produire du carburant mais, comme le rappelle Gilles Vaitilingom, énergéticien au Cirad : "Des projets de développement furent montés en Afrique dans les années 80 mais ils s’avérèrent sans suite".
Car si le jatropha est une plante résistante qui pousse sur tous les terrains arides, elle n’en demande pas moins un minimum d’eau et de fertilisants pour "une production exploitable seulement au bout de 4 à 5 ans". De plus, sa récolte doit se faire manuellement. Alors, le jatropha, miracle ou mirage ? Les projets scientifiques l'utilisant continuent mais les réserves sont nombreuses.
Ainsi, en 2007, le Cirad lançait, au Mali, un projet de recherche et développement sur l’huile de jatropha utilisable soit pure pour les moteurs, soit en ester ou biodiesel. En 2009, le projet continue avec le partenaire malien, l'Association d'Entraide pour le Développement Rural. L'objectif est de rendre autonome en énergie une station d'écotourisme, en utilisant l'huile de jatropha produite par les agriculteurs de la région dans ses groupes électrogènes. Une entreprise qui, si elle est couronnée de succès, prouvera les qualités du jatropha au niveau local.
http://www.maxisciences.com/agrocarburant/le- jatropha-agrocarburant-du-futur-dans-les-pays -du-sud_art1730.html
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Agrocarburants : le mirage du jatropha
De nombreuses expériences menées à grande échelle ont démontré que la culture de cette plante « miraculeuse » n'était pas si facile que ça. Si le jatropha curcas peut présenter une source d'énergie alternative à l'échelle locale, les nombreuses recherches visant son industrialisation ont obtenus des résultats modestes aujourd'hui.
A partir du moment où l'on veut cultiver cette plante en verger, l'entretien nécessaire à la plupart des cultures s'impose aussi pour le jatropha : arrosage, engrais, protection contre les insectes ravageurs…
Les coûts engendrés par la culture de masse du jatropha curcas n'ont pas été pris en compte au départ de nombreux projets, tant les propriétés « miraculeuses » de cette plante étaient vantées. Coûts d'entretiens élevés, rendements moins élevés ont été souvent constatés lors des recherches menées. Autre danger : le jatropha n'est pas comestible. L'agriculteur qui se lance dans cette culture doit donc être sûr de trouver un débouché à sa production.
Pourtant, pour Gilles Vaitilingom, cette plante a un intérêt aujourd'hui, pour la production de carburants à usages locaux. A condition que la plante soit cultivée dans des zones arides, où aucune autre culture est possible, ou que la plante soit cultivée à petite échelle aux côtés d'autres cultures, pour satisfaire les besoins des agriculteurs en carburant ou pour l'électrification d'un village. Dans ces conditions là, la culture du jatropha est bénéfique, présentant un double intérêt : une production de carburant locale et la lutte contre l'érosion.
Plus question de culture à grande échelle ? Il y a une petite fenêtre qui reste ouverte. De nombreux projets de recherches ont été lancés il y a quelques années avec le retour de l'engouement pour cette plante. Ils pourraient permettre de parvenir à une sélection d'espèce plus résistante, fournissant un meilleur rendement et dont les produits secondaires (tourteaux…) seraient comestibles pour les animaux.
D'autres plantes suscitent également l'intérêt aujourd'hui : le pangomia, le balanite, le babassu ou encore le buriti. L'huile produite à partir de ces plantes étant comestible, leur culture apparaît moins risquée pour l'agriculteur qui a ainsi différents débouchés.
Mais comme c'est le cas aujourd'hui pour la production à grande échelle d'huile de palme, une culture intensive de ces plantes pourrait entrer en concurrence avec le maintien des prairies, des forêts primaires ou même de cultures vivrières. Ces nouvelles plantes gagnent de l'intérêt, mais leur potentiel doit être exploité dans des zones ou rien d'autre ne pousse.
Comme la plupart des agrocarburants, ces plantes ont intérêt à être développées à échelle locale, pour un usage local. Avec une éventuelle importation et industrialisation, ces productions perdent leur raison d'être. Il n'y a donc pas de miracle qui tienne.
S.FABREGAT
http://www.actu-environnement.com/ae/news/mir age_jotropha_7179.php4